Marche républicaine : "Un de ces moments de l’histoire avec un grand H"

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MÉDIAS – Des médias du monde entier, de CNN à la BBC, ont dépêché leurs envoyés spéciaux à Paris, ce dimanche, pour rendre compte de l'ampleur de la mobilisation en hommage aux victimes des attentats de la semaine.

Ils sont venus couvrir un rassemblement "historique", c'est leur mot commun. Ce dimanche, de nombreux journalistes étrangers étaient présents place de la République, à Paris, pour rendre compte de la marche républicaine en hommage aux victimes des attentats. Une manifestation exceptionnelle par son ampleur , qui a rassemblé une cinquantaine de chefs d'Etat autour de François Hollande.

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Entre deux directs, Catarina Neves, envoyée spéciale de SIC, une chaîne portugaise, explique vivre ici "un de ces moments de l’histoire avec un grand ‘H’". "L’horreur qui s’est produite en France, ça nous concerne tous, de l’Asie à l’Amérique du Nord", estime-t-elle. A quelques mètres d’elle, Christophe Giltay, grand reporter pour la chaîne belge RTL-TVI, enchaîne lui aussi les directs depuis pour les Belges francophones. Place de la République, il évoque un moment marquant, unique : "Professionnellement parlant, ce n’était pas possible de ne pas être ici aujourd’hui. Ce crime barbare contre Charlie Hebdo a été ressenti de la même façon en Belgique qu’en France. Notre pays est celui de la bande dessinée et de la caricature ; la grande majorité des caricaturistes belges connaissaient Charb, Cabu ou encore Wolinski. Quand notre rédaction a appris la nouvelle, on était littéralement sciés". Solidaire de la France, il rappelle également que la Belgique a connu des évènements similaire il y a peu, avec l’attaque du musée juif à Bruxelles qui a fait 4 morts le 24 mai dernier. Et assure : s’il n’avait pas travaillé ce jour, il serait "quand même venu".

Et après ?

Plus loin, John Cookson, grand reporter pour Arise Tv, une chaîne britannique, s’accorde une courte pause. La journée a été éprouvante. Comme sa consoeur portugaise, il assure que ce 11 janvier est un "moment historique pour la France et l’Europe. Chrétiens, juifs, musulmans : tous sont réunis ici avec le même message. Un message de liberté". Mais lui est pessimiste pour l’avenir : "Que va-t-il rester après ce moment d’unité ? La bonne volonté affichée risque de s’étioler demain et dans les mois qui viennent". Le journaliste anglais s’inquiète en outre de la menace djihadiste, qu'il estime loin d’être terminée : "Ils reviendront. C’est un cancer contre lequel il n’existe pas de remède". Il déplore par ailleurs la récupération politicienne : "Hollande, Merkel, Cameron qui s’affichent ensemble... C’est très symbolique, mais c’est aussi très politique. Et ne parlons pas de la venue de Benyamin Netanyahou, ici pour sa réélection".

Des présentateurs stars d'outre-Atlantique

Certaines chaînes de télévision, notamment américaines et anglaises, ont dépêché sur place des grosses pointures de leur rédaction. Lyse Doucet , présentatrice vedette de la chaîne publique anglaise  BBC, est là, inapprochable, lancée dans un direct-marathon depuis 5 heures. "On a besoin d’une pause", confie un membre de son staff.

Côté américain, la caméra de CNN agit comme aimant, attirant des grappes de "Charlie", avec leur pancarte, qui tentent de passer à la télévision. Ou mieux encore, mais souvent en vain : se faire interview par Christiane Amanpour , la journaliste de renom sur le réseau américain, également présente pour l'occasion.

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