Marcq-en-Barœul : les adieux du PDG qui offre 9 millions d'euros à ses employés

Marcq-en-Barœul : les adieux du PDG qui offre 9 millions d'euros à ses employés

REPORTAGE - Henry Engelhardt, ce grand patron qui a décidé de céder une partie de sa fortune à tous ses employés dans le monde à l'occasion de son départ en retraite, était à Marcq-en-Barœul (Nord) mercredi pour dire au revoir aux équipes de L'Olivier, filiale française de son groupe international d'assurance automobile. Des salariés évidemment tous très reconnaissants envers ce big boss pas comme les autres.

"Vous entrez dans une entreprise où il fait bon travailler", lit-on sur la porte de L'Olivier. A observer les sourires des employés lorsqu'on la franchit, on se rend vite compte que ce ne sont pas de vains mots. La journée est un peu spéciale dans les locaux de cette société d'assurance automobile implantée depuis quatre ans à Marcq-en-Barœul, dans la banlieue lilloise : le patron d'Admiral Group, la maison-mère britannique de l'entreprise, est venu faire ses adieux avant son départ à la retraite le 12 mai prochain - comme il l'a déjà fait la veille au siège parisien de L'Olivier, et auparavant dans ses nombreuses filiales à l'étranger.

Un départ en fanfare dont vous avez sans doute entendu parler le mois dernier : Henry Engelhardt, 58 ans, avait annoncé qu'il verserait à cette occasion une prime de 1000 livres à chacun de ses employés, soit 9 millions d'euros au total et environ 1200 euros par employé (600 pour les temps partiels et ceux embauchés il y a moins de six mois). De celui qui s'apprête à prendre le fauteuil de PDG à ceux pour qui cela représente quasiment un mois de salaire, les 8.100 salariés d'Admiral Group dans le monde toucheront tous la même somme.

"Ce n'est pas un style qu'il se donne"

Veste en lin, chemise sans cravate et tutoiement de rigueur, "Henry", comme tous ses employés l'appellent, déambule en toute décontraction dans le vaste open space, s'asseyant ici ou là pour discuter en tête à tête avec ceux qui ne sont pas occupés à parler "bonus-malus" avec des clients au téléphone. "Racontez-moi votre parcours", lui demande une jeune conseillère en vente, des étoiles plein les yeux. Le patron s'exécute et détaille son CV de -made man, de ses études en journalisme à la création d'Admiral Group il y a 25 ans : "Mon premier job, c'était au McDo des champs-Elysées" , s'amuse cet Américain, père de quatre enfants marié à une Française. Décidément très loin de l'image que l'on pourrait se faire du patron d'un grand groupe international.

"Ce n'est pas un style qu'il se donne, il est vraiment super cool et à l'écoute de ses employés", nous assure Kawtar, 25 ans. Cette référente technique vante sa chance de travailler depuis deux ans dans une "entreprise unique", à la culture très anglo-saxonne, où les équipes se "challengent" en rivalisant de "positive attitude" pour décorer murs et bureaux et leur donner une ambiance de fête : "Vous nous auriez vus à Halloween, on était tous déguisés en vampires ou en sorcières. On n'est pas des collègues, on est une famille, et Henry, c'est le papa !"

"Un geste totalement désintéressé" qui "fait coup double"

Un papa auquel ses 140 "enfants" de Marcq-en-Barœul doivent dire au revoir, donc. Ici, tout le monde raconte avoir d'abord cru à une blague en recevant le mail, intitulé "fantastique nouvelle !!", dans lequel Henry Engelhardt annonçait qu'il cédait une partie de sa fortune (Forbes l'évaluait l'an dernier à 1,06 milliards d'euros) à ses employés. "Le connaissant, c'est un geste totalement désintéressé, mais il a fait coup double, salue Sylvain, "chef d'équipe sinistre" : il nous a fait plaisir à tous car ces 1200 euros vont mettre du beurre dans les épinards, et en plus, c'est une énorme publicité pour la boîte".

Henry Engelhardt ne dit pas autre chose. "Avec ma femme, nous voulions simplement dire merci à tous les employés qui travaillent dur", nous assure-t-il, affirmant qu'avec son acte de générosité très médiatisé, il n'a absolument pas cherché à adresser un message à ses confrères adeptes des parachutes dorés. "Qu'une société donne des millions à un dirigeant qui s'en va, je trouve cela étrange", se contente-t-il de souligner.

Que peut-on offrir pour montrer sa reconnaissance à son patron milliardaire ? Les employés de Marcq-en-Barœul, qui l'ont chaleureusement applaudi lors de son discours d'adieu, ont confectionné à Henry Engelhardt un livre de photos de leur vie dans l'entreprise, avec de nombreux mots de remerciements : "Tout le monde à Lille a le sourire jusqu'aux oreilles", "Je vous souhaite le meilleur pour l'avenir car vous le méritez tellement", "Henry, you are my favorite rock star !!"… Des mots on ne peut plus sincères à en croire Sophie, analyste souscription de 24 ans qui, comme beaucoup ici, projette de se payer des vacances avec les 1200 euros de prime : "Certains pourraient se réjouir quand leur patron s'en va mais nous, on a tous une petite larme à l'œil."

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