Marie-Claude Bompard poursuivie pour avoir refusé de marier deux femmes

SOCIÉTÉ
HOMOPHOBIE - Marie-Claude Bompard, la maire de Bollène (Vaucluse), avait refusé de marier deux femmes en 2013 car cela lui posait un "problème de conscience". Elle va devoir répondre de cette discrimination devant un tribunal.

L'association Mousse a décidé d'exercer les droits de la partie civile dans l'affaire opposant la maire de Bollène, Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud), et le couple de femmes qu'elle avait refusé de marier à l'été 2013. L'élue va donc devoir s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Carpentras "du fait de son refus de marier un couple homosexuel et de sa déclaration indiquant qu’elle ne marierait aucun couple homosexuel en sa qualité d’officier d’état civil", rapporte Têtu .

Pour l'avocat de l'association, Etienne Deshoulières, il était urgent de reprendre cette affaire en main :"On dispose de trois ans pour agir en justice. Il fallait agir avant le 23 août, autrement Marie-Claude Bompard n’aurait plus pu être jugée. Elle devait sans doute compter les jours."

"Problème de conscience"

L'affaire remonte au 23 août 2013. La loi sur le "mariage pour tous" vient alors tout juste d'être adoptée, et Angélique Leroux et Amandine Gilles entendent bien en profiter. Sauf que la maire de Bollène, Marie-Claude Bompard, le leur refuse. Son excuse : elle a "un douloureux problème de conscience".

Face à l'emballement médiatique, le mariage sera tout de même célébré par une adjointe. Mais le couple porte plainte pour "discrimination dans l’application de la loi en raison de l’orientation sexuelle". L'enquête préliminaire sera rapidement classée sans suite par le parquet.

Homophobie ordinaire

Pour rappel, Marie-Claude Bompard n'est autre que la femme de Jacques Bompard, un ancien du FN, qui avait quitté le parti d'extrême droite, jugé trop modéré, pour fonder en 2010 la Ligue du Sud. A l'époque, celui-ci avait fait voter le conseil municipal d'Orange, où il est maire, pour que les élus puissent refuser de célébrer un mariage homosexuel.

Etienne Deshoulières espère que ce procès va permettre de "pousser les autres maires qui brandissent [l'excuse de la "liberté de conscience"] à se demander s’ils ne commettent pas un délit qui relève du pénal". Marie-Claude Bompard est convoquée au tribunal le 1er septembre prochain.

EN SAVOIR +
>> 
Mariage homo refusé à Bollène : "C'est un coup bas"
>> 
Maires refusant de célébrer les mariages gay : ce que dit la loi

Lire et commenter