Maternité : des bébés échangés à la naissance, est-ce encore possible en France ?

Maternité : des bébés échangés à la naissance, est-ce encore possible en France ?

HOPITAUX - Les 1,88 million d'euros obtenus mardi par deux familles dans le procès d'un échange de bébés, survenu il y a 20 ans à la maternité de Cannes, rappelle que ce type d'affaire, même rarissime, n'est pas toujours de la fiction. Quelles sont les précautions mises en place dans les maternités pour éviter les confusions ? Metronews fait le point.

C'est un cas ultra-rarissime, mais qui réveille une angoisse présente en filigrane chez de nombreux parents. L'échange de bébés survenu il y a vingt ans dans une maternité de Cannes, pour lequel les deux familles ont obtenu mardi 1,88 million d'euros en réparation du préjudice subi , est quasi unique en France (même si pour son fameux film La vie est un long fleuve tranquille, Etienne Chatiliez s'était inspiré d'une réelle affaire de substitution d'enfants, dans les années 1950 à Roubaix). Pourtant, la peur de cet effroyable scénario est souvent bien réelle.

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Les bracelets posés dès la salle de naissance

"C'est vrai qu'elle traverse parfois l'esprit, notamment lorsque les médias se font l'écho de tels faits divers survenus à l'étranger. On l'entend surtout chez les mamans devant accoucher par césarienne et sous anesthésie générale, et qui ne vont donc pas voir leur bébé tout de suite", nous raconte Chantal Ducroux-Shouwey, la présidente de l'association lyonnaise Bien naître. Mais cette spécialiste de l'accompagnement des futurs ou nouveaux parents juge cette crainte largement "irrationnelle". "Les bracelets d'identification, avec nom, prénom et date de naissance, sont posés quasi immédiatement à la cheville ou au poignet du nouveau-né, les salles de naissance disposant aujourd'hui directement en leur sein de plans de travail chauffants pour réaliser les premiers soins", assure-t-elle. Et "l'enfant est de moins en moins emmené sans que le papa ne le suive".

"Je ne crois pas que ce soit possible aujourd'hui"

A la maternité de l'hôpital Saint-Joseph de Marseille, comme dans de plus en plus de structures en France, l'enfant n'est même jamais séparé de sa maman après l'accouchement. "Tous deux restent pendant une heure pour faire du peau à peau avant de regagner ensemble la chambre", explique Karine Yessad, directrice de la communication de cet établissement privé. Ici, les nouveaux-nés portent comme partout dès la salle de naissance – la mesure est obligatoire – un bracelet classique, en matière plastique impossible à arracher. Et ils sont ensuite équipés de bracelets électroniques, intégrant une puce contenant toutes les informations nécessaires à leur identification, et qui sonnent en cas de sortie du périmètre de sécurité. Mais cette précaution high-tech, mise en place dans plusieurs dizaines d'établissements dans le pays, est avant tout destinée à prévenir les rapts d'enfant.

Dans ces conditions, un échange de bébés pourrait-il encore survenir en France ? "Même si les erreurs humaines existent toujours, je ne crois pas que ce soit possible aujourd'hui, répond Cécile Kanitzer, conseillère paramédicale de la Fédération hospitalière de France. En vingt ans, les normes de sécurité et d'hygiène ont beaucoup évolué : jamais plus, notamment, on ne placerait deux enfants dans la même couveuse, comme ce qui s'était passé à Cannes." En outre, poursuit-elle, "on est aujourd'hui dans l'hypervigilance par rapport à ces questions, que ce soit dans la formation initiale ou dans la formation continue du personnel soignant". Cécile Kanitzer souligne par ailleurs que la durée moyenne des séjours à la maternité, aujourd'hui de "trois à cinq jours", "a diminué de moitié" ces dernières décennies. De quoi réduire d'autant les risques de vivre de tels drames dans les établissements.

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