"Poulet grillé" : après le tollé, la CGT Publicis retire son tweet ironique sur le policier blessé mais ses justifications ne convainquent pas...

"Poulet grillé" : après le tollé, la CGT Publicis retire son tweet ironique sur le policier blessé mais ses justifications ne convainquent pas...

EXCUSES - Une branche de la CGT a dû retirer un tweet jugé "abject", qui faisait allusion au policier grièvement brûlé au visage lors de la manifestation du 1er mai à Paris. Et les justifications qui ont suivi n'ont guère convaincu...

"On ne parle que du poulet grillé sur les chaîne style BFM mais pas beaucoup de ça... " Ce petit tweet, publié lundi soir sur le compte Twitter de la CGT Publicis (1er groupe de communication français), qui visait à attirer l’attention sur des accusations de violences policières, n’est pas passé inaperçu, vu le contexte. 

Le court texte fait en effet référence au policier blessé la veille lors des manifestations du 1er mai, et dont la photo a fait le tour du monde. L’homme est actuellement hospitalisé, brûlé au 3e degré au visage, au cou et à une main.

 Autant dire que le tweet est très mal passé, très vite épinglé par les syndicats de police. "Abject", a réagi le syndicat Alliance sur Twitter. "Ces propos inspirent le dégoût", estime pour sa part Johann Cavallero, secrétaire national des CRS d’Alliance, dans le Figaro. "Ils montrent un mépris total envers les forces de l’ordre qui étaient là pour protéger leur cortège". La SGP Police parle elle de "propos indécents".

Mardi, le ministre de l’Intérieur Mathias Fekl a demandé à Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT de "condamner avec la plus grande fermeté les propos tenus par les adhérents de la CGT Publicis sur son compte Twitter". "C’est absolument scandaleux et je tiens, au nom de la CGT, à apporter tout notre soutien aux policiers qui ont été blessés et plus généralement aux forces de l’ordre qui sont agressées en faisant leur travail", a déclaré le secrétaire général de la CGT lundi soir. D’autres branches de la CGT s’étaient déjà désolidarisées de la déclaration de la section Publicis. 

Quant à la branche incriminée, elle a effacé son tweet et publié un court communiqué en forme de justification, voire demi-excuse. La section syndicale constate ainsi que "lors de la manifestation autorisée du 1er Mai un palier a été franchi dans la violence par l’utilisation d’un engin incendiaire contre un représentant des forces de l’ordre et déclare qu’elle ne se reconnait d’aucune façon dans cet acte". Elle condamne également "son utilisation par une exploitation disproportionnée d’un mot plus que malheureux extrait d’un tweet émis alors qu’elle n’avait pas connaissance ni de la teneur ni de la gravité des blessures du policier." 

"Cette brusque campagne semble irriguée par la tension politique due à l’omniprésence de l’extrême droite lepéniste et à ses manœuvres", poursuit la section syndicale pour qui "le message clair, au grand jour, de la section syndicale CGT Publicis lors de la fête des travailleurs était et reste le rejet et de Macron et de Le Pen au nom des intérêts du Travail et des travailleurs. Rien d’autre." 

Pas sûr cependant que le communiqué suffise à convaincre, comme le montrent les réactions des internautes.

Ce n’est pas la première fois que des branches de la CGT se font épingler pour des publications sur Twitter, particulièrement virulentes à l’encontre des forces de l’ordre. En avril 2016, au moment des manifestations contre la loi Travail, la branche Information et communication de la CGT (Infocom' CGT) avait notamment fait polémique en publiant une affiche montrant une matraque, une insigne de CRS et... une flaque de sang. Là encore, le syndicat avait dû s’excuser. Rebelote le 1er mai, avec une autre affiche d'Infocom', reprise là encore par la CGT Publicis.

De manière plus générale, les syndicats de police dénoncent une radicalisation des manifestants et de leurs armes depuis les manifestations contre la loi Travail. "L‘utilisation des cocktails est devenue systématique", indique Grégory Joron de la SGP-Police dans le Figaro, rappelant que "c’est une arme de guerre faite pour tuer". Lui demande ainsi une évolution de l’équipement, avec des cagoules ignifugées. 

En vidéo

VIDEO. Fekl sur les violences contre les CRS le 1er

L’UNSA police déplore, elle, des directives trop floues de la hiérarchie, qui ont fait que lundi, "les CRS n’ont pu que subir les attaques au cocktails Molotov". "Les lanceurs d’eau n’ont pu intervenir faute d’instruction. Quant aux moyens intermédiaires, ils étaient proscrits pour éviter de blesser un manifestant", indique le syndicat dans un communiqué. "Rappelons que ces moyens ne sont employés que dans des cadres bien précis, et que face à une foule non hostile, rien ni personne ne verra son intégrité physique atteinte." 

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