Mayotte : l'intersyndicale va proposer la levée des barrages à la population

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DÉBLOCAGE ? - Après cinq heures de négociations avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin et les représentants du mouvement social qui secoue Mayotte depuis bientôt quatre semaines, un compromis semble avoir été trouvé. L'intersyndicale va proposer mercredi à la population la levée des barrages routiers.

Vers une sortie de crise à Mayotte ? L'un des porte-paroles du mouvement social qui secoue l'île depuis bientôt quatre semaines a en tout cas annoncé mardi soir qu'une levée des barrages routiers allait être proposée mercredi à la population.


"On a des avancées réelles, le plan de lutte contre l'insécurité est acté", a commenté Fatihou Ibrahime après cinq heures de négociations avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin. "La ministre s'est engagée à remettre plus d'Etat sur le territoire", a-t-il développé en expliquant que la population était appelée à se rassembler mercredi au chef-lieu Mamoudzou. "Nous allons voir avec eux s'ils voient favorablement la levée des barrages", a-t-il ajouté.

Les manifestants réclament des mesures contre l'insécurité

La ministre des Outre-mer est arrivée lundi dans le 101e département français en emportant dans ses bagages plusieurs mesures pour calmer les esprits. Depuis le début de l’année, un mouvement de contestation populaire réclame un plan contre l’insécurité, notamment aux abords des établissements scolaires. Le 19 janvier, des dizaines de jeunes individus armés de barres de fer avaient pénétré dans un lycée professionnel, blessant des élèves. 


Un incident de trop, estime une intersyndicale qui, depuis, mène la contestation. Manifestations dans les rues du chef-lieu, opération escargot, opération "île morte", blocage de la liaison maritime entre Grande-Terre et Petite-Terre… Le mouvement s’est durci le lundi 5 mars, avec la mobilisation des maires. Les dix-sept élus de l’île ont en effet décidé de fermer les portes de leurs mairies à l’issue d’une réunion avec le préfet.

"84% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté"

Une délégation du collectif des citoyens, de l'intersyndicale et des élus était arrivée mardi à la préfecture à Dzaoudzi pour rencontrer la ministre, au lendemain de premières annonces gouvernementales, dont l'esquisse d'un statut extraterritorial pour la maternité de l'île.


Département français depuis 2011 avec un taux de chômage très élevé (26%), Mayotte subit une forte pression migratoire des Comores, archipel situé à seulement 70 kilomètres de ses côtes. Le taux de chômage des jeunes de moins de 30 ans est également très important, de l'ordre de 43% à Mayotte contre 16% en métropole. Mayotte, c'est "84% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, (...) c'est quatre fois plus de population en trente ans, (...) c'est 45% de population étrangère en situation irrégulière, (...) c'est la première maternité de France et oui, pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour", avait reconnu mardi Annick Girardin lundi.


Les propositions de la ministre suffiront-elles à désamorcer le ras-le-bol et la colère de la population ? Réponse mercredi. 

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