Mayotte n'a plus d'eau courante depuis mi-décembre, mais l'État ne réagit que maintenant...

Mayotte n'a plus d'eau courante depuis mi-décembre, mais l'État ne réagit que maintenant...

LA FRANCE EN 2017 - A Mayotte depuis la mi-décembre, une pénurie d'eau sévit au sud et au centre de l'île. Les habitants des huit communes concernées sont donc rationnés toutes les 72 heures. Un plan d'urgence a été mis en place depuis Paris après des manifestations.

Trop c'est trop ... Jeudi dernier, à l'appel du collectif de lutte contre la pénurie d'eau, des manifestants ont défilé dans les rues de Mamoudzou pour interpeller les pouvoirs publics sur les conséquences de la sécheresse qui sévit actuellement dans la partie sud et au centre du département d'Outre-mer. 

Depuis la mi-décembre, le manque de pluies se fait cruellement sentir et les habitants de ces parties du département sont soumis à des rationnements d'eau, toutes les 72 heures. Après une rencontre avec le sous-préfet, les manifestants sont ressortis insatisfaits. Ils demandaient des mesures exceptionnelles. Réponse du sous-préfet ? "L'Etat n'a pas assez de moyen", indique Ousseni Ballache, membre du collectif et par ailleurs syndicaliste CFDT. 

Nous risquons des propagations des épidémies de typhoïde, de la gale, d’hépatite A- Ousseni Ballache, membre du collectif de lutte contre la pénurie d’eau à Mayotte et syndicaliste CFDT.

Cette pénurie d'eau potable entraine des conséquences sanitaires et économiques qui commencent à se faire sentir, notamment en raison du coût élevé de l'eau en bouteille sur une île où 84% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Des restrictions qui influent sur le quotidien des malades, sur le secteur du BTP, celui de la restauration ou encore du tourisme. Nous avons des patients hospitalisés à domicile par souci d’économie pour la sécurité sociale, et qui se retrouvent confrontés à la pénurie d’eau notamment en matière d’hygiène. Il faut ajouter que nous risquons des propagations des épidémies de typhoïde, de la gale, d’hépatite A...", s'est inquiété M. Ballache, auprès de l'AFP. 

"Dans les écoles, des enfants vont à l’école pour 2 heures de cours par jour, les conditions hygiéniques des sanitaires n’étant pas garanties", a-t-il encore rapporté. Des rampes d'eau potable ont bien été installées pour permettre de prolonger l'accès aux ressources existantes jusqu'à la fin du mois de mars. Après une réunion infructueuse avec les manifestants, le préfet a réuni les huit maires des communes touchées par la pénurie et des mesures d'urgence ont été prises. 

Des solutions à "court et moyen terme"

Le ministre de l'Outre-mer, Ericka Bareigts a débloqué un financement d'urgence de 500.000 euros pour répondre au besoin des écoles maoraises. Elle devrait permettre l'achat de citernes et de bouteilles d'eau. Outre "ces mesurettes", le groupe Vinci mène actuellement une étude de faisabilité sur le recours à un tanker. "La consommation humaine d’eau pluviale mais aussi celle provenant de puits dont la qualité n’est pas assurée est formellement déconseillée", a rappelé la préfecture dans un communiqué. 

A "court et moyen terme", selon la préfecture, l'Etat prévoit notamment d'interconnecter les réseaux d'eau Nord et Sud de l'île, d'identifier de nouvelles ressources ou encore de favoriser l’installation de systèmes de récupération des eaux de pluie. Et quid de l'état de catastrophe naturelle, parfois déclaré dans les cas de sécheresse ? La ministre indique dans un communiqué que, "dans la situation actuelle, la procédure de catastrophe naturelle ne peut être engagée, celle-ci ne couvrant que les biens assurés".

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