Médecins contre sages-femmes : la guerre est déclarée

Médecins contre sages-femmes : la guerre est déclarée

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SOCIAL - Les médecins font bloc face aux revendications des sages-femmes, mobilisées depuis trois mois : deux syndicats ont "alerté" mardi contre les risques qu'une évolution de leur statut ferait peser sur les patientes. "Pitoyable", réagit auprès de metronews Caroline Raquin, présidente de l'Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes. "S'ils veulent la guerre, ils l'auront".

Un meilleur statut, oui. Le nôtre, certainement pas. C'est en substance le message adressé mardi par les syndicats de médecins aux sages-femmes. Depuis le 16 octobre, plus de 70% d'entre elles sont en grève - mais elles sont assignées et travaillent - pour obtenir une meilleure reconnaissance de leurs compétences. Celles-ci vont bien au-delà de l'accouchement (prescriptions, suivis de grossesse, échographies...), comme elles l'ont clamé dans plusieurs grandes manifestations. Le collectif à l'origine du mouvement revendique en particulier que les "blouses roses" de l'hôpital sortent de la fonction publique pour accéder au statut aujourd'hui réservé aux médecins ou aux dentistes, celui de "praticien hospitalier". Elles amélioreraient ainsi leur salaire - actuellement 1600 euros brut en début de carrière -, et gagneraient aussi en autonomie.

"Ultra-corporatiste"

Mais cette évolution risque de "déstructurer" les salles de naissance et de mettre en danger les accouchements, ont alerté mardi dans deux communiqués distincts cinq intersyndicales de médecins hospitaliers et un syndicat de gynécologues obstétriciens, le Sygof. Celui-ci écrit ainsi que "l'autonomisation des sages-femmes, porté par le climat d'effervescence actuel, ne peut se faire au péril des patientes. C'est pourtant le cas si les sages-femmes dévient vers le suivi gynécologique au-delà de la physiologie à laquelle se limitent leurs compétences".

"Pitoyable, ultra-corporatiste", réagit auprès de metronews Caroline Raquin, présidente de l'Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes. "Nous ne demandons pas davantage d'autonomie, mais que celle que l'on a déjà soit reconnue, souligne-t-elle : en salle d'accouchement, les femmes ne voient à aucun moment un médecin tant que tout va bien". Jugeant que les médecins cherchent à "pourrir le débat", elle prévient : "S'ils veulent la guerre, ils l'auront". "Ils souhaitent être appelés pour tout ?, poursuit la responsable de l'ONSS . On le fera, mais ce sera plusieurs fois par heure." La nouvelle réunion de concertation sur le statut des sages-femmes, mercredi au ministère de la Santé, s'annonce sous haute tension.

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