Médecins payés à la "pertinence" des arrêts de travail : c'est quoi cette prime que la Sécu leur verse ?

Médecins payés à la "pertinence" des arrêts de travail : c'est quoi cette prime que la Sécu leur verse ?

SANTE – L'Assurance maladie veut favoriser la "pertinence" des prescriptions d'arrêts de travail chez les médecins, en incluant de nouveaux critères dans la rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp), sorte de prime octroyée aux médecins pour améliorer leurs pratiques. Qu'est ce que c'est que ça ? Metronews vous décrypte.

Une récompense pour les bons élèves. Comme pour les écoliers ou les commerciaux, mais ici pour... les médecins. Le principe de la prime sur objectifs fait l'objet d'une discussion ce jeudi entre l'Assurance maladie et les syndicats de médecins. Une des mesures, révélée par l'AFP et le Figaro , consisterait à inciter financièrement les médecins à prescrire moins d'arrêts maladie. C'est quoi cette histoire ? Metronews vous décrypte tout ça.

► C'est quoi cette prime pour les médecins ?
Cela s'appelle en fait "la rémunération sur objectifs de santé publique", ou ROSP. Elle avait été introduite en 2011 dans la convention médicale, texte qui régit les relations entre les médecins et la Sécu, et fixe leurs honoraires. Elle est octroyée depuis 2012 aux médecins, en complément du traditionnel paiement à l'acte. L'idée : diversifier les modes de rémunération des médecins, mais surtout, améliorer la prise en charge des malades chroniques, les prescriptions, l'organisation du cabinet, ou encore favoriser la prévention.

► Combien cette prime représente-t-elle pour les médecins ?
Nicolas Revel, le patron de l'Assurance maladie, a dressé un bilan à la mi-avril . D'après lui, cette prime n'a cessé d'augmenter, pour s'établir en 2015 à "4.514 euros en moyenne" en moyenne pour les quelque 90 000 médecins qui la touchent. Soit une progression de 7% par rapport à 2014. La ROSP représente donc un véritable treizième mois pour les médecins, surtout les généralistes, qui, eux, ont perçu environ 6.756 euros l'an dernier. Fort de ces bons résultats, Nicolas Revel, estime que l'intérêt de la Rosp "ne fait plus débat".

► Pourquoi on en parle maintenant ?
Parce qu'est discutée en ce moment la nouvelle convention quinquennale. La négociation en cours doit "permettre d'actualiser le contenu" de la prime d'objectifs, estime Nicolas Revel. Pour l'instant, parmi les "indicateurs" (ou objectifs à atteindre) inscrits dans cette primei figurent quelques points de satisfaction : le meilleur "suivi des patients diabétiques" ou la progression du taux de prescription dans le répertoire des génériques. Mais certains résultats sont plus décevants, concernant notamment les antibiotiques. Nicolas Revel entend ainsi intégrer de nouveaux objectifs.

► Quels seraient ces nouveaux objectifs ?
D'après l'AFP et le Figaro, l'Assurance maladie voudrait favoriser la "pertinence" des prescriptions d'arrêts de travail. Comprendre : inciter les médecins à en donner moins. Le sujet est en effet important pour l'Assurance maladie qui a vu les dépenses d'indemnités journalières, payées au salarié arrêté, progresser très fortement depuis plus d'un an 3,5% en 2015 par rapport à 2014, ce qui a contribué largement au dérapage des dépenses de soins en ville.

Les praticiens seraient ainsi invités à prescrire les arrêts suivant une grille pré-définie : 5 jours d'arrêt de travail pour une grippe saisonnière, 3 pour une angine ou 21 jours pour une entorse grave. 

Qu'est-ce qui coince ?
Le sujet des arrêts maladie, qui renvoie aussi au bien-être des salariés, a soulevé des inquiétudes, que la ministre la Santé Marisol Touraine a tenté de calmer jeudi matin, en expliquant que l'Assurance maladie ne souhaitait pas rémunérer les médecins "qui diminueraient les arrêts de travail" mais les inciter à "mieux" prendre en compte les grilles existantes".

De manière plus générale, plusieurs principaux syndicats, comme la Fédération des médecins de France (FMF) ou le Syndicat des médecins libéraux (SML) sont opposés à ce mode de rémunération, estimant que "ce système infantilise", et défendent la "liberté de jugement du médecin". Autre bémol, malgré la satisfaction de l'Assurance maladie, la Cour des comptes avait rappelé en juillet 2014 que le coût de ce dispositif (404 millions d’euros en 2015) était bien supérieur aux économies générées. Assurance maladie et syndicats ont désormais jusqu'à la fin de l'été pour signer une nouvelle convention et définir ensemble les nouveaux objectifs. 

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