Mégots : les meilleures idées pour vous inciter à ne pas les jeter par terre

Mégots : les meilleures idées pour vous inciter à ne pas les jeter par terre

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FALLAIT Y PENSER – A Paris, au 1er octobre prochain, jeter sa cigarette par terre sera passible d’une amende de 68 euros. Plutôt que punir, d’autres villes ou associations ont trouvé des dispositifs ludiques pour inciter les fumeurs à ne pas polluer les rues.

Faire rire, plutôt que punir. Est-ce plus efficace ? Alors qu’à Paris les jets de mégots dans la rue seront passibles d’une amende de 68 euros au 1er octobre prochain, d’autres villes et associations misent sur des dispositifs plus… ludiques, pour inciter les fumeurs à faire quelques pas de plus, et laisser leur bout de cigarette dans une poubelle. Tour d’horizon.

A Paris, des amendes salées
La capitale française joue la carte du sérieux. Depuis mai dernier, la Ville mène une grande campagne de sensibilisation contre le jet de mégots :  affichage sur l’espace public, distribution de cendriers de poche. Avec la rentrée, l’adjoint en remet une couche sur le message écologique : une affiche dédiée "Abandonner son mégot peut vous coûter gros : 68 euros" va envahir les supports de la ville mais aussi les bars, restaurants, les entreprises, les universités. Des actions de verbalisation "en blanc" par les agents, avec distribution de faux PV, seront menées en septembre. Mais dès le 1er octobre, on ne jouera plus. "Nous avons mis des alternatives à disposition des fumeurs", indique l’adjoint. "C’est désormais à eux d’adopter une attitude responsable". L’adjoint à la propreté Mao Penninou a lancé en mai dernier une grande campagne de sensibilisation sur le jet de mégots, via notamment des affichages. 

Le moins : OK, il y a maintenant, tous les 100 mètres à Paris, des poubelles munies d’un éteignoir. Mais l’air de rien, quand vous avez votre mégot à la main, vous n’en voyez pas si souvent. Et il faut souvent, pour écraser son mégot sur un rebord de poubelle, lutter contre les boites de fin burgers collantes et les canettes salivantes qui débordent. Pas ragoûtant. 

Voter avec son mégot à Londres
Utiliser son mégot comme bulletin de vote., il fallait y penser. A Londres, l’ association Hubbub a installé des cendriers de rue spéciaux, un peu partout dans la capitale. Ils permettent en fait aux fumeurs de participer à un sondage à deux réponses, en mettant leur mégot dans la case qui correspond à leur réponse. Forcément, les questions sont finement choisies, pour mieux mobiliser. Exemple : "Quel est le meilleur footballeur au monde ?", "Qui gagnera le derby londonien samedi ?". Le principe a marché. Très, très bien même. Vous l'aurez compris, la campagne, appelée "Neatstreets", vise à jouer sur le fun et le jeu pour motiver les passants.

Et en matière d’incitation anti-clope, Hubbub n’est pas en manque d’idées. Ce vendredi sur Twitter,elle invite les Londoniens à se rendre sur Viliers Street avant 14 h, et gagner un téléphone portable en ramassant les mégots, entourés à la craie sur le trottoir.

Hubbub, association qui "explore de nouvelles méthodes pour amener les gens à faire de bonnes actions", n’en est pas à son coup d’essai. Et applique régulièrement sa "fun theory" à l’espace urbain. Elle a ainsi déjà mis en place dans les rues de Londres des poubelles parlantes, qui éructaient rots, éternuements, applaudissements ou cris de dauphins dès qu’une personne mettait un déchet dans la poubelle.

Le moins : Trop de fun... tue le fun ? Certaines mauvaises langues arguent qu'au final ce petit jeu incite surtout à fumer.

► Toujours à Londres, des mégots géants dans la rue
En Grande-Bretagne, le streetmarketing est particulièrement utilisé pour sensibiliser. En 2014, la Ville de Londres avait installé des mégots géants dans les rues pour alerter sur cette pollution envahissante avec le mot d’ordre "It’s not a small problem". Une campagne choc initiée par l’ association Keep Britain Tidy . Des spots vidéos montrent aussi des passants enjamber des cigarettes géantes dans la rue, se faire recouvrir d’une poussière de cendre flottant dans l’air… Charmant.

 

L’idée a depuis été reprise à Tokyo par l’association NPO qui a, en plus, collé des mots de remerciements sur les poubelles, et offrait des sacs en plastique pour continuer à récolter des déchets. En France aussi, la SNCF s’est inspirée de l’idée à Paris et à Marseille : une cigarette géante avait ainsi été installée en 2012 en gare de Lyon, avec le message suivant : "Il n’y a pas de petites incivilités".

Le moins : C’est aussi le principe du street marketing : c’est choc, mais c’est court, et sur un public très ciblé. Trois ans après, qui se souvient encore de ce mégot géant de la gare de Lyon ?

 

  Le mégot qui fait pousser des petites fleurs
Vous ne polluez plus, mais vous contribuez à reverdir la planète. Génialement déculpabilisant. En 2013 Ben Forman, un jeune designer industriel londonien présente son idée : la Cigg Seed, ou "clope graine" : le mégot de cigarette renferme une graine qui fait pousser une plante.

Le moins : A l’époque, l’idée avait suscité un grand engouement chez tous les poètes urbains. Problème : deux ans après, pas plus de nouvelles de l’invention, qui n’est toujours pas commercialisée. Autre inconvénient : l’invention aurait tendance plutôt à inciter les gens à jeter leur mégot par terre. Et pas sûr que l’asphalte des quartiers de bureaux soit le meilleur des terreaux.

  A Paris, du recyclage de mégots usagés
L’initiative est partie de la mairie du 9e, un quartier particulièrement exposé au jet de mégots en raison du grand nombre de bureaux. Depuis quelques mois, la mairie expérimente des boîtes de collecte, dans les bars ou restaurants intéressés, qui permettent ensuite de recycler les bouts de cigarettes. Les boîtes pleines sont ensuite envoyées à Terracycle, une société qui retraite les matériaux difficiles à recycler. Elle stérilise et dissèque les mots. Papier et tabac finissent en compost. L'acetate de cellulose utilisée dans le filtre est transformé en billes de plastique. Etats Unis, Espagne, Allemagne, Suisse, Europe utilisent déjà le système.

Le moins : Encore au stade expérimental à Paris, cette solution peut aussi coûter cher : une boîte s’achète environ 70 euros. "L’entreprise vend ses boîtes, qui sont assez chères, et il faut ensuite se charger de tout, c’est un investissement lourd", avait pointé Mao Penninou, adjoint à la Ville en charge de la propreté, en mars dernier.


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