Menacé de faillite, Nice-Matin lance un appel aux dons

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PRESSE – C'est sur Ulule.com, premier site de financement participatif européen, que les 1.137 salariés de Nice-Matin espèrent récolter 300.000 euros. Une somme qui permettra d'appuyer l'offre de reprise du groupe et de sauver des dizaines d'emplois.

Nice-Matin entre de nouveau en résistance. Avec une opération inédite : le crowdfunding. Avec leur page "L'enjeu c'est ton Quotidien" sur Ulule.com , les salariés ont créé un projet de financement participatif, lundi, où chaque citoyen peut verser le montant de son choix pour les soutenir.

En choisissant ce mode de fonctionnement, les salariés espèrent devenir "crédibles" devant le tribunal de Commerce qui donnera sa décision fin septembre sur l'avenir du groupe. Avec un objectif de 300.000 euros à atteindre en un peu moins de 50 jours, Damien Allemand, salarié et rédacteur Web à Nice-Matin, y croit : "Ça peut marcher, assure-t-il à metronews. On a récolté plus de 25.000 euros pour le moment, et on devrait atteindre les 100.000 euros demain matin".

"Cette somme viendra appuyer l'offre de reprise que nous avons déposée", a précisé le reporter et délégué syndical Jean-François Roubaud au Parisien . Trois millions d'euros sont nécessaires pour que l'entreprise, placée en redressement judiciaire depuis le 26 mai, évite la faillite. Et les éventuels repreneurs semblent vouloir licencier en masse, en particulier les jeunes qui viennent d'arriver, selon les salariés du groupe, qui ont préféré établir un plan social où seuls les départs volontaires avec des "indemnités digne de ce nom" seraient acceptés.

"Aidez-nous à écrire la suite de l’histoire…"

L'idée d'une collecte de fonds est née il y a quelques jours. C'est Simone, 91 ans, qui un beau matin a écrit au journal pour lui proposer une somme d'argent. "Des fois j'ai envie de déchirer toutes vos pages, mais je ne peux pas vous laisser mourir comme ça, je ne peux pas vivre sans vous" a-t-elle raconté aux journalistes. Elle leur a donc versé 3.800 euros de ses économies. "Le lendemain, ce fut au tour d'un chef d'entreprise de Cagnes-sur-Mer qui offrit près de 10.000 euros",  nous explique Damien Allemand.

Les journalistes en appellent donc aujourd'hui aux citoyens qui ne veulent pas voir mourir le journal : "Chaque fois que vous contribuerez, un bout d'emploi sera sauvé. Chaque fois que vous contribuerez, un peu de liberté de raconter le quotidien sera préservée. Chaque fois que vous contribuerez, un peu de notre patrimoine commun aura été protégé," peut-on lire sur leur page Ulule. "300.000 euros c'est une étape, un seuil. On espère avoir plus, on était obligé de revoir nos ambitions à la baisse car si l'on n’atteint pas l'objectif donné, tout l'argent récolté nous passe sous le nez", poursuit Damien Allemand.

"Alors, on va vous dire sans doute qu'on est des baltringues", écrivent les journalistes dans leur appel aux dons. "Pire, des Bolcheviques. Voire des allumés. De grâce n'y croyez pas, une seule seconde. On est rien de tout cela. On est fou oui, mais fou de notre journal (…). Aidez-nous à écrire la suite de l’histoire…". Celle qui ne ressemble à aucune autre.

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