Avec les orages qui se succèdent, la Tour Eiffel va-t-elle tenir le choc des "coups de foudre" ?

Avec les orages qui se succèdent, la Tour Eiffel va-t-elle tenir le choc des "coups de foudre" ?
SOCIÉTÉ

CUPIDON - Le mois de mai a été électrique et le mois de juin ne devrait pas l'être moins. La foudre est tombée des centaines de fois. Et à Paris, la Dame de fer n’a pas échappé au coup de foudre. Avec quels impacts ?

Des zébrures qui lacèrent le ciel. Et fracassent la tour. Impressionnantes images, que celles qu’on a pu voir au mois de mai et début juin, de la foudre frappant la tour Eiffel. Images qui ont d'ailleurs fait le bonheur des réseaux sociaux. La tour Eiffel foudroyée, c'est trop beau pour être vrai.

L'occasion d'ailleurs de faire un peu d'histoire...

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Selon les données de Météorage, le réseau européen de détection de la foudre, 182.127 impacts ont été enregistrés au sol en mai 2018, contre une moyenne de 58.636 sur les trente dernières années pour un mois de mai. Juin s’annonce tout aussi électrique, avec un démarrage grandiose : 49.764 impacts au sol enregistrés depuis le début du mois, pour une moyenne de 91.065 sur les trente dernières années. Un score qui pourrait être largement dépassé, tant l’activité orageuse se prolonge.

A Paris, la tour Eiffel culmine, antenne comprise, à 324 mètres. Elle est par ailleurs constituée essentiellement de fer. Etant le point le plus élevé de Paris, avec son matériau, elle attire donc plus facilement la foudre, qui a tendance à prendre le trajet le plus facile vers la terre.

Dès la construction de son oeuvre, Gustave Eiffel a donc pris ses précautions, et fait installer 8 paratonnerres au sommet, des sortes de balais de cuivre dirigés vers le ciel.  

Le phénomène de foudre percutant la tour Eiffel n'a donc rien d’étonnant, il est d’ailleurs même plutôt rassurant, la tour Eiffel constituant ainsi l’un des plus hauts paratonnerres artificiel de France.

En moyenne, d’après les données de la Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE), qui possède des compteurs d’impact, la Dame de fer subit 4 à 5 impacts par an. Météorage, qui a aussi réalisé une brève étude sur le nombre d’impacts sur la tour, a relevé que le monument avait été foudroyé 138 fois entre 2008 et 2018. "En moyenne sur les 10 dernières années, on peut considérer qu’au maximum la Tour Eiffel est foudroyée 10 fois par an", estime le centre de prévisions. Quels que soient les chiffres retenus, la moyenne est pulvérisée ces deux derniers mois. 

Il arrive aussi, précise la SETE, que les impacts de foudre ne soient pas toujours sur les paratonnerres du sommet. Ils peuvent aussi "taper" sur l’antenne du sommet ou même sur la structure, celle-ci étant composée de fer. 

Est-ce dangereux ? Absolument pas, répond la société d’exploitation. Sa structure métallique, constituée de poutre treillis, est protectrice, puisque qu’elle forme ce qu’on appelle une cage de Faraday, une sorte de carapace qui disperse l’intensité électrique sur toute la structure extérieure, en protégeant ce qui se trouve à l’intérieur, et véhicule l’énergie de l’éclair vers la terre. Les visiteurs sont donc protégés. "Fort heureusement, le public n’accède pas à ces poutres extérieures, il n’y a donc aucun danger pour les visiteurs en cas d’orage", précise la société d’exploitation. 

Pas de dangers !

La tour Eiffel accueille aussi des activités qui nécessitent de l’électricité : restaurant, station météo et antenne radio géante. Pour les protégés, des parafoudres ont été installés dans les tableaux électriques, et des circuits ou câbles en cuivre ont été rajoutés, afin de limiter les surtensions qui viendraient perturber le fonctionnement général. A priori, la tour Eiffel peut donc tenir le choc du coup de foudre.

Pas de danger, donc, pour les visiteurs et les occupants de lieux. Et les riverains proches ? Faut-il s’inquiéter d’habiter à côté d’un paratonnerre géant ? Ce serait plutôt le contraire : la tour Eiffel, bâtiment de grande hauteur, va plutôt avoir tendance à attirer la foudre, protégeant par là-même les bâtiments alentour de plus basse altitude. Par contre, les habitants proches sont exposés à un effet plus indirect : le risque que le courant, en s’écoulant dans le sol, génère des surtensions dans les lignes télécoms. Attention donc à ce que vos plombs ne s'en ressentent pas.

Et que se passe-t-il si le paratonnerre est trop sollicité ? "Si tous les impacts de foudre tapent toujours au même endroit, comme le sommet de la Tour Eiffel, cette dernière pourrait perdre un centimètre", explique Stéphane Schmidt, prévisionniste pour le centre européen de surveillance des orages, sur France inter. Cependant, le spécialiste reconnait que l’hypothèse est hautement improbable : il faudrait une centaine de coups de foudre au même endroit pendant une très courte période pour que la Dame de Fer rétrécisse ainsi.

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