Vers des pics au-delà des 50°C en France dès 2050 : la canicule ne s'arrêtera pas

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CANICULE - L'hémisphère nord de la planète connaît actuellement des records de chaleur. La canicule et la sécheresse ont pris leurs quartiers en France, en Grèce, en Grande-Bretagne, mais aussi en Suède et au Japon. Un phénomène lié au réchauffement climatique, pour les experts, et voué à s'amplifier dans les années à venir.

De l'Afrique au Cercle polaire, la Terre suffoque. La Suède enregistrait il y a quelques jours des "records absolus de chaleur", expliquait à LCI Christine Robert, météorologue à Météo France. Le mercure est monté à 32,5 degrés au mois de juillet à Kvikkjokk, un village situé en plein milieu de la forêt Lapone, sur le cercle polaire. C'est "au moins 15 degrés au-dessus de la moyenne", selon la spécialiste. 

Ce phénomène de fortes chaleurs, qui a provoqué des incendies d'une ampleur inégalée dans le pays scandinave, est loin d'être isolé. La Grèce, la Californie ont également été touchées. L'ensemble de l'hémisphère nord subit ces pics de températures. Les climatologues attribuent une cause à ce phénomène : le réchauffement climatique. 

Le réchauffement, c'est maintenant

"2018 s'annonce comme l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées", commente à l'AFP Elena Manaenkova. "Ce n'est pas une surprise". Pour la secrétaire générale adjointe de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), ces canicules sont "cohérentes avec les effets attendus du changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre", explique-t-elle. "Ça n'est pas un scénario futur. C'est maintenant".

Une analyse partagée par une partie de la communauté scientifique. Dans une interview accordée à Europe 1 le 22 juillet, le climatologue Jean Jouzel alerte : les températures en France atteignent actuellement des pics à 42°C, d'ici à 2050, elles pourraient être "de l'ordre de 50 degrés, voire 55 degrés sur l'Est de la France". Pour le spécialiste, cela ne fait aucun doute, ce réchauffement climatique global est bien "lié à nos activités humaines". 

Sur LCI, le 27 juillet, le climatologue ne disait pas autre chose : "On va devoir apprendre à vivre plus régulièrement avec ces situations plus extrêmes, plus fréquentes. [...] Au fil du temps, les modes climatiques vont être différents." Cela sera-t-il récurrent à chaque fois que l'été arrivera ? "Pas à chaque fois, parce que l'atmosphère évolue différemment. Mais on va battre régulièrement des records, sous l'effet des gaz à effet de serre. C'est assez largement irrémédiable, parce que les gaz à effet de serre restent longuement dans l'atmosphère, parce qu'on ne sait pas comment le chercher".

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Bien que les Etats-Unis se soient retirés des accords de Paris sur le climat, fixant la limite du réchauffement climatique à 2 degrés, les spécialistes croient encore à l'efficacité de ces mesures. "L'accord de Paris doit être mené à son terme", martèle Jean Jouzel, qui déplore des objectifs pas encore respectés. "Cet accord ne mettra pas fin à ce phénomène, mais lui propose de l'atténuer", précise Hervé Le Treut.

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