Inondations en Île-de-France : pourquoi ces records de pluie ? Les modèles météo ont-ils été défaillants ?

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INTEMPÉRIES - Des records de pluie en 24 h ont été battus dans plusieurs régions. A Paris, il est tombé 78 mm en une journée, du jamais vu pour un mois de juin. Comment expliquer ce déluge ? Les modèles météo ont-ils été défaillants ? Eclairage.

Plus de deux mois de pluie tombés en l’espace quelques heures. Et des records inédits qui tombent : à Paris, il n'est jamais tombé autant de pluie en 24 h pour un mois de juin. A Torcy (Seine-et-Marne), Orly (Val de Marne), Achères (Yvelines) des records historiques sont également tombés. Comment expliquer ces pluies diluviennes et leur violence ? " La situation tout à fait remarquable de ces dernières heures est due à une dépression positionnée sur la France qui génère ce que l’on appelle un retour d’occlusion", explique Guillaume Woznica, spécialiste météo à LCI, "c’est-à-dire qu’il y a autour d’elle un enroulement pluvieux qui évolue très lentement. Et si la région se situe dans l’axe de ce front pluvieux, elle subit alors des pluies marquées pendant plusieurs heures sans discontinuer. C’est ce qu’il s’est passé dans les Pays-de-la-Loire et surtout en Île-de-France avec de nombreux records de pluie qui ont été battus."

"Des pluies qu'on pourrait qualifier de tropicales"

 A Torcy, en Seine-et-Marne, à Orly ou encore dans les Yvelines, jamais il n’était tombé autant de pluie en l’espace de 24h. C’est inédit : tous ces secteurs ont reçu l’équivalent d’un mois et demi à 2 mois de pluie avec des intensités particulièrement marquées. Lundi soir à Orly, il est par exemple tombé 3 semaines de pluie en moins d’une heure. "Avec de telles pluies que l’on pourrait qualifier de tropicales tant elles sont intenses, la situation dégénère vite avec des crues et des inondations, poursuit Guillaume Woznica. A Paris, c’est également un record pour un mois de juin, depuis l’ouverture de la station météo il y a 150 ans. Outre ces intensités, il y a aussi la durée de ce phénomène qui est un facteur aggravant, puisque la pluie est tombée plus de 12 heures sans s’arrêter, ce qui explique que les cumuls soient aussi conséquents. "

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Inondations : les images dans le Val de Marne

Autre singularité de cet épisode pluvieux : les disparités pluviométriques sur un même territoire. "à Paris même, un mois et demi de pluie est tombé, mais du côté de Melun, à seulement quelques dizaines de kilomètres, il n’est tombé que 5 mm de pluie. La localisation de ce genre de précipitations est donc très difficile à prévoir."

Des modèles météorologiques défaillants ?

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Inondations records : les modèles informatiques de Météo France ont-ils failli ?

Pour Emma Haziza, experte en gestion des risques d'inondation, il est nécessaire de remettre à plat les modèles informatiques qui n'ont pu anticiper avec suffisamment de précision la soudaineté et la violence de ces précipitations. Invitée de LCI mardi, Emma Haziza cite l'exemple de Montpellier. La ville a été touchée par des pluies diluviennes lundi tout en étant seulement placée en vigilance jaune. "Ce n’est pas une question de 'ratage'. c’est un système qu’il va peut être falloir changer. On ne peut pas avoir un temps réaction de quatre heures face à de tels phénomènes." (Voir la vidéo ci dessus)

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