Vague de froid : alertes "grand froid" et "froid extrême", quelles différences ?

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CLIMAT - Une vague d'air glacial va s'abattre sur notre territoire dans les jours à venir. Quand certains départements s'apprêtent à passer en procédure "grand froid", d'autres se préparent au plan "froid extrême". LCI vous explique ce qui différencie ces deux seuils d'alerte.

Moufles, bonnets et bottes de neige n’auront eu que quelques jours de répit. A partir de dimanche, un flux d’air glacial, venu tout droit de Sibérie et nommé "Moscou-Paris", s’abat sur la France et fait chuter le mercure. Si ce samedi, 25 départements sont d’ores et déjà en alerte jaune Grand froid, ils devraient être bien plus nombreux dimanche et en début de semaine prochaine, où des minimales de -5°C à -10°C sont attendues. C’est 7 à 11 degrés en dessous des normales de saison. Face à ce phénomène, le département de Haute-Savoie envisage même d’enclencher dès dimanche la procédure "Froid extrême". Mais quelle différence y a-t-il avec la vigilance "grand froid" ?

Des niveaux d'alerte établis en fonction des températures ressenties

Selon le baromètre de Météo France, les épisodes de grand froid sont classifiés en trois niveaux. Un département est considéré comme traversant une "période de temps froid", niveau 1 sur l'échelle de l'organisation météorologique, lorsque la température ressentie le jour est comprise entre -5 et -10 degrés. Le niveau 2, "période de Grand froid", est de son côté enclenché lorsque la température minimale ressentie est de -10 à -18 la journée. Le "froid extrême", troisième et dernier niveau de l’échelle, est décrété quand la température ressentie est inférieure à -18 degrés de jour. En Haute-Savoie, les températures minimales ressenties pourraient atteindre les -25 degrés. Un froid accentué par une forte bise.

En cas de grand froid

Si aucune alerte n'est véritablement déclenchée pour les "périodes de temps froid", l'atteinte du niveau 2 est accompagnée de quelques conseils des autorités. Il est tout d'abord recommandé d'éviter les trop grandes variations de températures, afin de ne pas tomber malade, en ne surchauffant pas son logement et d'éviter toute consommation d'alcool, qui fait disparaître les signaux d’alerte du froid. Il est d'autre part conseillé de limiter son activité physique, même en bonne santé. "Le froid demande des efforts supplémentaires à notre corps, et notamment à notre cœur qui bat plus vite pour lutter contre le refroidissement", explique le site Santé publique


Les sorties pour les enfants et les personnes âgées de plus de 65 ans, plus fragiles, sont aussi à éviter. Si vous devez tout de même sortir avec un nourrisson, évitez de le placer dans un "porte-bébé", susceptible de comprimer ses membres inférieurs et d'entraîner des gelures. Les bras, le landau ou la poussette sont des options préférables.

En cas de froid extrême

En cas de "période de froid extrême", les autorités conseillent de limiter au maximum les sorties, "non sans avoir prévu de l’eau et des vivres et en chauffant normalement". Donner des nouvelles régulières à ses proches et écouter les consignes des pouvoirs publics font également partie des recommandations. Si vous devez tout de même sortir, assurez-vous de bien couvrir vos extrémités et de porter plusieurs couches de vêtements. En cas de trajet en voiture, vérifiez son bon état de fonctionnement général (huile, batterie, éclairage, plein d’essence) et emportez avec vous une trousse de secours, un téléphone portable chargé et une boisson chaude. N'hésitez pas à appeler le 115 si vous rencontrez une personne en état d'hypothermie. En 2017, au moins 459 SDF sont morts dans la rue, selon le collectif "Les morts de la rue".

Des dispositifs communs

Pour ces deux seuils d'alerte, des dispositifs sont mis en place par les autorités. Les maraudes de la Croix Rouge et de l'Ordre de Malte sont par exemple intensifiées, les équipes du 115 renforcées et les horaires d'ouverture des accueils de jour et de nuit allongées. Des places supplémentaires d'hébergement peuvent également être ouvertes. Aucune règle n'est cependant établie, explique le ministère des Solidarités et de la Santé à LCI. "Les mesures sont prises et déclinées par les régions elles-même en fonction des alertes. C'est le préfet qui décide s'il faut mettre à disposition un gymnase en plus, ou pas."

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