Neige : les transporteurs routiers estiment leur préjudice à 60 millions d’euros par jour

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ECONOMIE – Selon la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), l’interdiction de circulation décidée cette semaine pour les poids-lourds a porté un énorme coup financier à de multiples entreprises, tous secteurs confondus. Les camions ont pu exceptionnellement circuler ce samedi, mais le préjudice se chiffrerait en dizaine de millions d’euros par jour.

Il aura fallu attendre la fin de lépisode neigeux pour voir des poids-lourds circuler exceptionnellement ce week-end en Ile-de-France et ailleurs. Bloqués depuis mardi par des interdictions à répétition, les transporteurs routiers sont en colère, déplorant un "manque de coordination" et une communication "trop tardive" des autorités. 


L'Organisation des transporteurs  routiers européens (OTRE) a notamment fustigé dès vendredi un usage "incohérent du principe  de précaution" après les chutes de neige. La déléguée nationale de la Fédération nationale des transporteurs  routiers (FNTR), Florence Berthelot, a quant à elle estimé ce samedi sur LCI que "la gestion des interdictions de circulation a été assez erratique." Si elle admet que des décisions étaient nécessaires face à la situation météo, la représentante de la FNTR déplore "le manque de coordination entre les annonces du préfet et les décisions transmises aux forces de l’ordre."

Des dommages collatéraux pour Renault et PSA

Pour la FNTR, ce fut tout simplement un préjudice économique estimé à 60 millions d’euros par jour. Mais la fédération ne demande pas pour le moment des indemnisations. Elle a questionné ses adhérents sur les différents préjudices rencontrés. Cela va de la livraison refusée par les clients car hors-délais aux produits périmés et donc perdus. "Nous en sommes aux estimations. Nous verrons ensuite avec le gouvernement pour une réparation, une compensation", explique Florence Berthelot, qui rappelle que des entreprises ont été mises en "grande difficulté économique" par les intempéries.


Car les transporteurs routiers de transport n’ont pas été les seuls impactés par les évènements. Certaines usines franciliennes n’ont par exemple pas pu être livrées et ont dû arrêter ou ralentir temporairement leur production. Ce fut le cas de l’usine Renault de Flins-sur-Seine (Yvelines) qui fabrique la Zoé ou encore la Clio. Même situation chez PSA à Poissy (Yvelines). "Nous n’avons pas effectué d’arrêt, explique le groupe au Parisien. "Mais l’usine s’est retrouvée en fonctionnement aléatoire pendant deux jours. Tout est revenu à la normale jeudi après-midi."

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Combien la neige coûtera-t-elle à l'économie ?

Un guichet pour venir en aide aux entreprises franciliennes

Quelque 250 000 poids-lourds circulent chaque jour en Ile-de-France et assurent 99% des besoins quotidiens, précise la FNTR. De quoi provoquer des ruptures de stock importants également dans les supermarchés et commerçants qui n’ont pu être approvisionnés durant plusieurs jours. La Poste a également annoncé n’avoir pu assurer l’envoi des colis correctement.

La préfecture d'Ile-de-France a mis en place d'un guichet unique pour les entreprises de la région dont l'activité a été perturbée. Ouvert fin janvier pour répondre aux problèmes liés aux inondations, il a élargi son activité aux entreprises perturbées par les derniers épisodes neigeux. Ce dispositif octroie notamment des dérogations pour permettre de réaliser des travaux d’urgence ou rattraper des retards de production en permettant des durées de travail rallongées. Il sera également possible de bénéficier de coups de pouce fiscaux (reports d’échéances) pour pallier de possibles difficultés financières.

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