Apprentissage de la lecture : méthode syllabique, méthode globale, de quoi parle-t-on ?

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APPRENDRE À LIRE - Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a envoyé aux enseignants de nouvelles recommandations pour encadrer l'apprentissage de la lecture. Il préconise, une nouvelle fois, la méthode syllabique, au détriment d'approches mixtes s'inspirant de la "méthode globale". En quoi consistent ces deux pédagogies ?

"L'approche globale ne marche pas". En présentant ses nouvelles recommandations, envoyées aux enseignants du primaire via quatre circulaire, le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, privilégie une nouvelle fois l'emploi par les enseignants de la méthode syllabique. Pour lui,  "il ne peut y avoir de 'compromis' mixte" entre les deux approches. "Ce sujet ne relève pas de l’opinion, mais de faits démontrés par la recherche. C’est très clair, et j’aimerais vraiment que ce débat soit une fois pour toutes derrière nous", explique-t-il dans un entretien au Parisien.

Il avait déjà expliqué, notamment dans un entretien à L’Obs qu’il souhaitait s'appuyer "sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle a eu des résultats tout sauf probants".

Mais en quoi consistent ces deux approches ? 

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Méthode syllabique

La méthode syllabique consiste à identifier les lettres présentes dans un mot pour les associer en syllabes. L’enfant apprend donc d'abord les sons (phonèmes) que forment les lettres ou les ensembles de lettres (graphèmes), pour ensuite les identifier dans les mots. La méthode syllabique est évolutive et prend du temps : les élèves commencent d’abord par apprendre l’alphabet, puis à associer les lettres entre elles afin de former des syllabes, puis des mots. Par exemple, les enfants doivent d'abord avoir appris à reconnaître et prononcer les sons "bon" et "an" pour pouvoir reconstituer et lire les mots "bonbon" et "dans".

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Apprentissage de la lecture : le ministre de l’Éducation nationale relance le débat sur la méthode à employer

Méthode globale

La méthode globale s’appuie sur les mots entiers. Les enfants apprennent à mémoriser les mots d’un bloc, sans les avoir décortiqués au préalable syllabe par syllabe. Elle a été créée au début du XXe siècle pour aider les enfants en difficulté n'arrivant pas à lire par les méthodes habituelles. Elle prend en compte le développement de la psychologie de l'enfant, et estime que ce dernier comprend mieux ce qui a un sens pour lui. La méthode globale, dite "active", place l'enfant au coeur de son apprentissage, en le laissant libre de son expression pour qu'il associe des images ou des idées à des mots.

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Quelle méthode est actuellement appliquée dans les écoles ?

Dans la réalité, la méthode globale n'est que très peu utilisée par les enseignants. Selon les syndicats, elle a même disparu des écoles primaires depuis des décennies. Aujourd'hui, les instituteurs utilisent en majorité un "mix" des deux méthodes. "Cela fait très longtemps que la lecture est enseignée par une méthode combinatoire", qui fait appel au déchiffrage des syllabes via les sons et à la compréhension du texte, a expliqué Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-Unsa à l'AFP. 

Francette Popineau, co-secrétaire générale du Snuipp-FSU, explique que les enfants en maternelle apprennent "à reconnaître" quelques mots avant l'entrée en CP, tels que les jours de la semaine, "école", "dans", "de", un petit bagage sur lequel s'appuie l'enseignant du CP lors des deux ou trois premières semaines, pour donner à comprendre le sens d'une phrase simple. "Mais on fait très vite 'du son'. Vous ne trouverez pas un enseignant qui ne fait pas 'de son'", ajoute-t-elle.

La méthode de lecture dite globale a été suivie par une partie des instituteurs dans les années 70 mais a été très vite abandonnée en raison de l’échec qu’elle engendrait. 

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