Meurtre de Laetitia : "Moi aussi, je me hais", martèle Tony Meilhon

Meurtre de Laetitia : "Moi aussi, je me hais", martèle Tony Meilhon

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COMPTE-RENDU – Le meurtrier présumé de Laetitia Perrais a été invité à prendre la parole, jeudi en fin de journée, après les témoignages émouvants des proches de la victime. Face à aux, Tony Meilhon a assuré "regretter" son crime.

Jeudi en fin de journée, la tension est palpable dans la petite salle des Assises de Nantes lorsque le président invite Tony Meilhon, meurtrier présumé de Laetitia Perrais, à prendre la parole. L’homme ne s’est pas exprimé de la journée. Et les débats ont été difficiles – d’abord, les témoignages des proches, éprouvants. Ensuite, celui de Gilles Patron, compliqué.

Depuis la matinée, l’avocat de la défense a mystérieusement disparu. A ce titre, Tony Meilhon a le droit de refuser de s’exprimer. Mais non, il est d’accord. De toute façon, les précédentes journées ont bien montré que l’accusé n’a que faire de maître Fathi Benbrahim, qu’il a déjà appelé publiquement "mon assistant". "Je veux bien dire quelques mots", indique-t-il donc ce jeudi.

 "Moi aussi  je me hais"

 Et ceux-ci sont à destination de ceux qui ont témoigné un peu plus tôt. Les parents biologiques de la jeune victime. Sa famille d’accueil. "Personnellement, j’appréhendais cette journée, de me retrouver face aux personnes qui ont témoigné aujourd'hui, leur douleur, leur souffrance et même - j'en suis quasiment sûr - la haine (...) moi-même, je me hais pour ce que j'ai fait", attaque Tony Meilhon d’emblée. Avant de l’assurer : aujourd’hui, il a du mal à « trouver les mots", lui qui d’habitude est tellement loquace. Il s’interrompt, regarde dans le vide, l’air las.

Puis il enchaîne sur sa victime. Laetitia ? "Je suis tout à fait d’accord (avec ce qu’ils ont dit, ndlr), c’était une fille superbe, pleine de vie, à la fois réservée et au fond d’elle, il y avait une certaine souffrance", explique-t-il. Avant de le marteler une nouvelle fois : « J’ai fais l’irréparable et je le regrette du plus profond de mon être. Je veux l’assumer jusqu’à la fin de ma vie (…) Je ne mérite pas de vivre, c’est ce que je pense, personnellement".

Confrontation avec l’avocate de Jessica

 L’homme semble destabilisé. Est-il vraiment sincère ? Reste que le président du tribunal et l’avocate de Jessica voient là une possible ouverture. Le président lui demande alors : "Les proches de Laetitia souhaitent la vérité, notamment au sujet de Monsieur X, c’est insupportable pour eux. Que pouvez-vous leur dire ?". "J’en suis conscient, mais je ne peux pas en dire plus", lui répond Tony Meilhon, du tac au tac.

Me Cécile de Oliviera insiste, met en avant la douleur qu’a ressenti l’accusé au moment où son meilleur ami, Gaëtan, est mort. Ose un parallèle avec la douleur ressentie par les proches de Laetitia. "Ne pouvez-vous vraiment pas nous donner l’identité de ce monsieur X ?". "Est-il possible qu’il n’existe pas ?". Tony Meilhon, depuis le box des accusés, serre les mâchoires. Ses yeux transpirent le mépris. Il lance alors à l’avocate, non sans un certain aplomb : "Vous êtes aveuglé par vos convictions". Pas de doute, la parenthèse des remorts n’aura duré que quelques minutes : Tony Meilhon est de retour.

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