Meurtre de Natacha Mougel : procès d'une récidive

Meurtre de Natacha Mougel : procès d'une récidive

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JUSTICE – La cour d'assises du Nord s'apprête à juger Alain Penin, accusé du meurtre sordide de Natacha Mougel à Marcq-en-Baroeul (Nord) en 2010. Quatre ans plus tôt, une autre joggeuse avait été victime du même homme.

Ce drame aurait-il pu être évité ? C'est la question qui hantera à partir de lundi la cour d'assises du Nord à Douai, où sera jugé Alain Penin. Cet homme de 42 ans, accusé de la tentative de viol et du meurtre barbare de Natacha Mougel, en septembre 2010, à Marcq-en-Barœul, avait déjà été condamné par le passé pour viol.

Le corps de la joggeuse, cadre chez Décathlon, avait été retrouvé dans un champ de maïs, mutilé d'une centaine de coups de tournevis. Interpellé grâce à un témoin, qui avait relevé le numéro d'immatriculation de sa voiture, Alain Penin, chauffeur livreur des Restos du cœur, était passé aux aveux en garde à vue, invoquant des "pulsions irrépressibles". Le crime d'une sauvagerie inouïe avait secoué jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Nicolas Sarkozy avait reçu la famille de la victime et les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'époque, Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie, avaient assisté aux obsèques. "Plus jamais ça", lisait-on sur les pancartes de milliers d'anonymes réunis lors d'une marche blanche en hommage à la jeune femme de 29 ans.

Expertises contradictoires

Son meurtrier présumé avait déjà écopé en 2006 de dix ans de réclusion criminelle pour le viol sous la menace d’une arme d'une autre joggeuse. Sylvia Peromingo, elle, était "sûre" qu'il recommencerait. Mais après avoir effectué la moitié de sa peine, Alain Penin avait réussi à tromper son monde : il bénéficiait d’une libération conditionnelle sur la base de deux expertises psychiatriques parlant d'un risque de récidive "difficilement appréciable" pour l'une, "limité" pour l'autre.

"Les familles ont du mal à comprendre comment, après ce qui s'est passé la première fois, on a pu relâcher aussi rapidement cette personne. Ils attendent des explications", a commenté Me Emmanuel Rabier, l'avocat du compagnon de Natacha Mougel. "Ce ne sera pas le procès de la justice, mais bien celui d’Alain Penin, a insisté l'avocat des parents, Bruno Drye, sur France 3 . Même si on ne pourra faire l’économie d’un débat sur la libération conditionnelle. Sans elle, Natacha Mougel serait toujours en vie".

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