Meurtre d'Elodie Kulik : pourquoi Willy Bardon pourrait être libéré

Meurtre d'Elodie Kulik : pourquoi Willy Bardon pourrait être libéré

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ENQUETE - Seul mis en examen dans l'affaire du viol et du meurtre d'Elodie Kulik en 2002, Willy Bardon pourrait être prochainement remis en liberté suite à la décision, mardi, de la cour d'appel d'Amiens. Elle a cependant ordonné un supplément d'enquête pour déterminer les conditions de cette libération.

L'unique suspect mis en examen dans le dossier du meurtre d'Elodie Kulik pourrait prochainement recouvrer la liberté. Incarcéré depuis plus d'un an, Willy Bardon, 40 ans, avait déposé une nouvelle demande de libération à laquelle a "fait droit" la cour d'appel d'Amiens, a annoncé son avocat mardi matin. Une remise en liberté qui pourrait intervenir le 18 avril, après les conclusions du supplément d'enquête ordonné par la cour "pour examiner les conditions de la remise en liberté" sous bracelet électronique du mis en cause.

La défense de Willy Bardon met en avant l'absence de preuves contre son client dans ce dossier sensible. En 2002, Elodie Kulik, une jeune directrice d'agence bancaire de 24 ans, est agressée par au moins deux hommes. Violée, la victime meurt étouffée. Son corps, partiellement calciné, est retrouvé le lendemain du crime sur un terrain vague de la commune de Tertry, dans la Somme. Fait particulièrement marquant, les enquêteurs disposent de l'enregistrement audio d'un appel passé par Elodie Kulik aux pompiers dans les premiers instants de son agression. Un enregistrement glaçant, rapportent les personnes qui l'ont écouté, et sur laquelle la voix de Willy Bardon a été identifiée par des témoins. Ce dernier avait été interpellé en 2012 suite à de nouvelles analyses ADN ayant permis d'identifier l'un des responsables de ce crime : Grégory Wiart, mort dans un accident de voiture quelques mois après le meurtre, et dont Willy Bardon était l'ami.

"Une supposée reconnaissance de sa voix"

En l'absence d'empreintes notamment, l'enregistrement audio de la victime constitue l'unique élément à charge contre Willy Bardon. Mais la dernière expertise de cet appel aux secours effectuée par les gendarmes "met à néant les expertises précédentes", argue la défense du mis en examen. Les experts se disent quasiment incapables de distinguer les propos prononcés et ne peuvent pas désigner la voix de Willy Bardon comme l'une des deux entendues, selon elle. "Comment est-ce qu'on peut détenir un monsieur sur une supposée reconnaissance de sa voix par ses proches, alors qu'un des passages dure au maximum deux secondes, et l'autre 0,9 seconde ?", soulignait ainsi avant la décision de la cour Me Grégoire Lafarge.

Le supplément d'enquête ordonné par la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens a pour but de déterminer "où (Willy Bardon) va habiter exactement et dans quelles conditions", alors que ce dernier n'a pas fourni "de certificat d'hébergement", a indiqué l'un de ses avocats Me Stéphane Daquo. De son côté, la cour a tenu à préciser mardi que "si les conditions ne sont pas réunies, elle peut décider de le garder".
 

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