Meuse : le Parlement donne son feu vert au projet d'enfouissement des déchets radioactifs

Meuse : le Parlement donne son feu vert au projet d'enfouissement des déchets radioactifs

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NUCLEAIRE - Lundi 11 juillet, les députés ont adopté la proposition de loi des sénateurs de droite qui doit permettre la poursuite du projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse).

C'est un projet controversé mais il a obtenu le feu vert des parlementaires. Ce lundi 11 juillet, dans un hémicycle presque vide et en l'absence de la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal , les députés ont adopté la proposition de loi sur "les modalités de création d’une installation de stockage réversible en couche géologique profonde des déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue" permettant la poursuite du projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) à Bure dans la Meuse.

Déposé par deux sénateurs de droite LR-UDI, le texte entend préciser la définition de la "réversibilité" du stockage datant d'une loi de 2006. Ce projet d'enfouissement, à 500 mètres sous terre dans une couche d'argile à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne, pour 3% du volume total des déchets les plus radioactifs produits en France et pour les déchets à la durée de vie la plus longue, fait en effet l'objet de controverses depuis des lustres en raison de son coût et des effets néfastes pour l'environnement.

"Tchernobyl souterrain"

"Aucune étude d'impact n'aura été fournie aux députés, pas plus que des informations officielles détaillées sur les risques et coûts du projet Cigéo ; cette loi constitue pourtant un pas de plus vers un projet évalué à 35 milliards d'euros par l'Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), alors même qu'EDF n'a provisionné que 5 milliards d'euros !", déplore par exemple dans un communiqué le réseau Sortir du nucléaire, opposé au projet. "Un hémicycle déserté pour sceller l'avenir d'un territoire pour des millénaires, est-ce sérieux ?", s'est également exclamé le député écologiste pro-gouvernement François-Michel Lambert.

Comparé à un "Tchernobyl souterrain" par une députée EELV, le projet Cigéo doit en outre abriter les 80.000 m3 de déchets à haute activité et vie longue qui ont été et seront générés par les 58 réacteurs nucléaires français, tandis que les rebuts déjà produits sont actuellement entreposés à La Hague (Manche) et à Marcoule (Gard). Pour voir le jour, l’Andra doit désormais déposer une demande d’autorisation de création du centre de stockage en 2018, même si la "décision ultime" d'exploitation de Cigéo "reviendra au pouvoir exécutif, qui prendra - ou pas - le décret d'autorisation de création, après une enquête publique, le tout sous le contrôle de l'Autorité de sûreté nucléaire", vers 2025, a assuré le rapporteur PS du texte. Après une phase pilote, les premiers déchets ne seraient reçus qu'après 2030. 

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