Migrants : à Paris ou à Saint-Denis, des grillages pour empêcher la multiplication des campements sauvages

Migrants : à Paris ou à Saint-Denis, des grillages pour empêcher la multiplication des campements sauvages

POLÉMIQUE - A l'instar de l'avenue de Flandre à Paris il y a un mois et demi, des grillages viennent d'être apposés sur l'avenue du Président Wilson à Saint-Denis après l'évacuation d'un camp de migrants. L'objectif ? Empêcher l'installation de nouveaux campements sauvages.

C'est une mesure qui fait polémique. Près de 600 mètres de grillages ont fait leur apparition avenue du Président Wilson à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). C'est à ce même endroit que, quelques jours plus tôt, un campement de migrants avait été évacué par la préfecture de police. Certains migrants s'y étaient installés après avoir tenté, sans succès, d'être accueillis 

dans le centre parisien officiel situé à seulement une centaine de mètres, porte de la Chapelle. Contactée par LCI, la mairie de Paris justifie "un problème de fluidité au moment de l'accès à la bulle d'accueil".

A Saint-Denis, ces grillages, hauts de deux mètres, empêchent l'accès aux Jardins Wilson sur le terre-plein central. L'installation a été faite "à l'initiative de la municipalité" pour éviter la formation d'un nouveau campement, indique à LCI la mairie de Saint-Denis. Elle précise cependant qu'il s'agit d'"un dispositif transitoire qui n'a pas vocation à durer".  "Nous sommes en train de mener une réflexion sur l'aménagement de cet espace", ajoute-t-elle.

Interrogé par LCI, Madjid Messaoudene, conseiller municipal à la mairie de Saint-Denis (dirigée par le communiste Laurent Russier), dénonce une décision "à l'encontre du message que l'on porte". "C'est un signal terrible à l’encontre des personnes concernées. Du genre : 'barrez-vous, on ne veut pas de vous'". "Cela prive aussi les riverains du peu d’espace vert disponible", estime-t-il. Il affirme que des manifestations seront organisées par des riverains dans les prochains jours pour protester contre la présence de ces grillages.

Ce sont des usages qui n'ont pas vocation à perdurer- Mairie de Saint-Denis

Ce n'est pas la première fois que de telles installations voient le jour. Des grillages ont été disposés début novembre tout autour du terre-plein central de l'avenue de Flandre dans le XIXe arrondissement de Paris après l'évacuation d'un important campement de migrants. Quelque 3800 personnes avaient alors été mises à l'abri. Toujours présentes aujourd'hui, "les grilles sont là pour empêcher l’installation d’un campement sauvage. Mais on cherche surtout un système pour avoir une occupation humaine", nous indique-t-on à la mairie de Paris. Une réunion est prévue début janvier pour discuter de l'occupation de l'avenue de Flandre (marché, commerces...).

La mairie de Paris précise que de telles installations ont également été disposées dans les Xe et XVIIIe arrondissements de la capitale. "Cela semble convenir aux riverains même si ces grilles sont une solution provisoire et pas satisfaisante", nous précise-t-on. "Ce sont des usages qui n'ont pas vocation à perdurer", abonde-t-on au service de presse de la mairie de Saint-Denis. Les deux municipalités se défendent notamment de ne pas utiliser des techniques plus radicales, consistant par exemple à "installer des piquets au sol" pour empêcher l'accès aux sans-abri.

Un mur "anti-intrusions" à Calais

"On voit fleurir un autre type de mobilier urbain 'pauvrophobe' qui a vocation à empêcher la visibilité de la précarité et de la misère", dénonce en effet Madjid Messaoudene. Mais qu'est-ce que c'est exactement ? Ce sont des bancs inclinés, comme ceux que l'on peut voir dans le métro parisien, la présence de cactus au pied des barres d'immeubles ou encore des piques aux fenêtres des rez-de-chaussée, à l'instar de ceux installées pour éloigner les pigeons. 

Un autre dispositif avait fait polémique il y a quelques semaines à Calais : un mur "anti-intrusions".  Ce mur de 4 m de hauteur et 1 km de long prolonge les grillages déjà installés sur la rocade près du port. Financé par le Royaume-Uni (2,7 millions d'euros), ce mur doit être progressivement végétalisé côté circulation et vise à protéger à l'avenir la rocade des assauts de migrants voulant passer en Angleterre, s'ils revenaient à Calais malgré la destruction de la "Jungle" fin octobre.

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Quel bilan pour les centres d'accueil et d'orientation pour migrants ?

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