Migrants de Calais : des bidons d’eau aspergés de gaz lacrymogène par des policiers ? "Une calomnie", rétorque la préfecture

Migrants de Calais : des bidons d’eau aspergés de gaz lacrymogène par des policiers ? "Une calomnie", rétorque la préfecture

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POLÉMIQUE – A Calais, l’Auberge des migrants s’insurge contre les autorités. Selon cette association, des policiers auraient empoisonné sciemment des bidons d’eau destinés aux migrants. Contactée par LCI, la préfecture nie en bloc ces accusations.

La photographie a suscité l’émoi de nombreux internautes lundi. Postée sur Twitter par l’Auberge des migrants (association qui vient en aide aux migrants à Calais), elle montre deux bidons d’eau. Autour de leur goulot, les traces d’un liquide blanc attirent l’attention. Selon l’association, il s’agit de gaz lacrymogène déposé sciemment par des policiers. Auprès de LCI, Loan Torondel, travailleur humanitaire pour l’Auberge des migrants, précise : "Comme il n’y a pas de points d’eau à Calais, nous passons des bidons d’eau aux migrants pour la nuit. Mais depuis le mois de mai, ils nous ont ramené à plusieurs reprises des bidons aspergés de gaz lacrymogène par la police".


Le timing de cette publication n’est pas anodin. L’association a en effet dénoncé cette pratique après avoir appris que les autorités faisaient appel de la décision du juge des référés du tribunal administratif de Lille, rendue le 26 juin dernier. Pour rappel, il avait refusé d’ordonner la création d’un centre d’accueil d’urgence à Calais. Avant d’enjoindre l’Etat et la Ville de construire des points d’eau et des sanitaires pour éviter que les migrants soient exposés "à des risques de traitements inhumains et dégradants".

Ces accusations sont graves. Préfecture du Pas-de-Calais

"Ce qu’on veut surtout montrer, c’est qu’à Calais, les forces de l’ordre ne se contentent pas de refuser de mettre des points d’eau. Ils empêchent aussi les migrants d’en boire en faisant en sorte que l’eau soit contaminée. Et ce avec l’aval de leur hiérarchie", explique Loan Torondel qui précise que l’association possède plusieurs témoignages faisant état d’une telle pratique.


Contactée par LCI, la préfecture du Pas-de-Calais "s'étonne qu'une association puisse publier sur twitter ce genre d'accusation et de calomnie et ré-exprime son soutien aux services de police et de gendarmerie qui effectuent leur travail dans un cadre juridique réglementaire". Et le service communication d’en remettre une couche : "Nous n’avons jamais demandé aux forces de l’ordre de gazer les bidons d’eau. Ces accusations sont graves. D’autant qu’il n’y aucun fondement juridique derrière cette photographie". 

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