Moi, cheminot en grève (Ep. 8) : "Vu les enjeux, ça vaut le coup de renoncer aux vacances"

Société
GRÈVE - Depuis le début du mouvement des cheminots contre la réforme de la SNCF, LCI suit Wladimir, un conducteur de train. L'heure de faire le bilan de cette "grève perlée" qui se termine ce jeudi, mais surtout de préparer la suite de la mobilisation pour cet été.

Ces deux mois de grève ont eu raison des projets de départ en vacances de Wladimir. "Cette année, on a fait une croix dessus", explique ce cheminot qui se mobilise contre la réforme de la SNCF sous la bannière de la CGT. Mais, poursuit le conducteur de trains, "comparé aux enjeux qu'il y a, ça valait le coup de renoncer aux vacances".


Même si Wladimir parle au passé, il n'a pas fini de combattre la réforme, même si elle a été promulguée par Macron cette semaine. La CGT, comme SUD-Rail, a appelé à la grève les 6 et 7 juillet et Wladimir compte bien y participer, ainsi qu'aux autres jours qui seront choisis cet été. "On est partis pour continuer", lance le cheminot, pour qui cette nouvelle phase de la mobilisation n'est qu'une continuation de la première.

"Je ne pense pas qu'on repartira sur une grève tous les 5 jours. On devrait plutôt cibler des dates spécifiques", explique Wladimir. Cette grève de "deux jours sur cinq" n'est pas un échec selon lui. "Grève perlée ou pas, l'objectif reste le même : réunir le plus de cheminots. Notre objectif était de durer, car on sait que c'est un combat de longue haleine, et la grève perlée nous a permis de le faire. Sur une grève classique, le nombre de grévistes diminue très vite", justifie-t-il.

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VIDÉO - Nouvelle grève à la SNCF : les départs en vacances perturbés ?

Désormais, il ne s'agit plus seulement de se mobiliser contre la réforme, mais aussi pour peser sur une autre négociation : celle de la future convention collective des travailleurs d'un rail ouvert à la concurrence. Pour Wladimir, ces deux mobilisations se complètent : "Il faut montrer qu'on est forts pour négocier, car s'il n'y a pas de rapport de force, le patronat fait ce qu'il veut, et va notamment pouvoir faire des plans de licenciement. Et c'est contre ça que notre statut nous protège." 


Les patrons, s'amuse Wladimir, "il faut les surveiller comme le lait sur le feu, comme dit un copain !" Et leur mettre la pression cet été : " Il ne faut pas se cacher, l'idée c'est d'embêter le plus possible le patronat, donc si ça conduit à faire grève un jour de grands départs..."

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