Mon enfant refuse de manger des légumes : 10 astuces pour y remédier

Mon enfant refuse de manger des légumes : 10 astuces pour y remédier

SOCIÉTÉ
PARENTALITÉ - Votre enfant vous mène la vie dure, à refuser systématiquement de goûter aux légumes à table ? Si la situation est très pénible, pour autant, elle n'est pas immuable. Il existe des astuces facilement applicables pour l'amener à une alimentation plus saine et à des repas moins compliqués !

Vous avez tout tenté, mais rien n'y fait : votre enfant refuse de manger ce que vous lui préparez, en particulier lorsqu'il s'agit de légumes. Las(se), vous ne savez plus comment agir. Heureusement, il existe des solutions. Dans son livre "50 astuces pour que mon enfant mange des fruits et des légumes*", Nicole Béguin, docteur en biologie et nutritionniste, nous propose pléthore d'astuces simples et concrètes pour que votre enfant adopte une alimentation plus saine. Et surtout, qu'il y éprouve du plaisir ! LCI a sélectionné 10 conseils (testés et approuvés par la rédaction !)

Investissez-vous dès la grossesse

Déjà, des solutions existent bien avant la naissance pour habituer votre futur enfant à manger de tout. On l’ignore souvent, mais les préférences gustatives s’élaborent in utero. Les premiers bourgeons gustatifs se forment ainsi vers la huitième semaine de gestation. Quelques semaines après, le fœtus peut déjà percevoir les arômes du liquide amniotique, dont la composition change en fonction de ce que vous mangez. Et votre bébé a de la mémoire : à sa naissance, le goût est son sens le plus développé. Une étude a prouvé que les nouveau-nés, dont les mères avaient bu du jus de carotte pendant la grossesse et l’allaitement, aimaient plus les céréales aromatisées à la carotte pendant l’enfance, que les autres bébés. Alors, n'hésitez pas à consommer de tout !

Variez les saveurs avant 2 ans

Au moment de la diversification, qui démarre vers les cinq mois, n’hésitez pas à introduire, par petites quantités, différents types de légumes. Commencez par ceux qui sont pauvres en fibre, telle que la carotte et la courgette. Puis, en accord avec le pédiatre, introduisez de nouveaux goûts. Et ne tardez pas trop : à partir de deux ans, l’enfant devient méfiant face à la nouveauté. Donc profitez de cette année et demi pour l’habituer à tester plusieurs saveurs différentes ! Mais attention : chaque nouvel aliment doit être amené en petite quantité, à raison de deux à quatre cuillères à café et au minimum trois jours de suite avant d’en essayer un autre, afin d’habituer l’enfant et de contrôler qu’il n’y a pas de réaction allergique.

Cuisinez ensemble

C’est primordial : la préparation et la dégustation des repas doivent être des moments paisibles. Déjà, il est important d’impliquer votre enfant durant l’achat de vos courses, même très jeune : montrez-lui, au marché ou au supermarché, ce que sont tel ou tel aliment, ce que vous allez acheter pour le déjeuner… Une fois rentrés, si vous avez un peu de temps (le week-end par exemple), préparez une recette ensemble ! Vous pouvez ainsi proposer à votre enfant de choisir une recette dans un livre de cuisine illustré. Ensemble, lisez-la à voix haute, puis cuisinez-la ! A la fin, invitez-le à goûter son plat et à vous dire ce qu’il en pense : est-ce que c’est bon ? Reconnaît-il tous les ingrédients ?  

Créez les bonnes conditions

Mettez votre enfant dans de bonnes conditions : les enfants aiment les moments en famille. Donc invitez-le à vous aider à mettre la table, dînez tous ensemble, télévision et toute autre distraction éteinte... Le moment doit être convivial. Ne l'oubliez jamais : l’apprentissage du goût, pour un enfant, est primordial : il lui permet de s’inscrire dans son groupe familial et culturel. 

Tablez sur la mise en scène

La mise en scène du repas compte également. Vous pouvez par exemple choisir des ustensiles amusants, tels que de jolis sets de table ou des couverts multicolores. Mais la présentation dans l’assiette compte aussi : un joli dressage invite à la dégustation. N’hésitez pas, par exemple, à former un visage dans l'assiette : deux olives pour les yeux, deux haricots pour les sourcils, un bâtonnet de courgette pour le nez, du ketchup pour la bouche, des cheveux en carottes râpées… Laissez parler votre créativité ! 

Tentez le sucré-salé

Vous avez tout tenté : cacher les légumes dans des crêpes, dans des quiches ou en flan, rien n’y fait, votre enfant ne veut rien manger dès qu’il s’agit de légumes. Les enfants préférant souvent le sucré, avez-vous songé au sucré-salé ? L’ananas s’accorde bien avec le poivron. Le raisin ou le pamplemousse avec le poulet. La pomme avec le céleri, la fraise à l’épinard… Essayez des mélanges nouveaux !

Instaurez la "bouchée de la politesse"

Les enfants l’oublient souvent : préparer le repas demande du temps au(x) parent(s). Alors la moindre des choses serait de goûter, non ? Une astuce à instaurer de façon un peu officielle : la "bouchée de la politesse". Par respect pour votre "travail", votre enfant doit ainsi manger au moins une cuillère de chaque aliment que vous avez préparé. Si l’enfant n’aime pas, il n’en reprend pas, pas la peine de le forcer. Mais au moins, il a goûté ! Si a contrario il apprécie, vous pouvez l’inviter à poursuivre son repas. Comme le rappelle très justement la nutritionniste Nicole Béguin, cet apprentissage du savoir-vivre est très structurant pour l'enfant. 

Ne punissez pas

C'est l'éternelle question : dois-je punir mon enfant quand il refuse de manger ? Et la réponse est claire : non, vous ne feriez qu'aggraver le problème. Ne le punissez pas, ne menez pas non plus de négociation en promettant quelque chose en échange d'une cuillère, évitez le "allez une cuillère pour papa, une autre pour maman", "fais-moi plaisir" ou encore "si tu me manges ça tu auras un bon dessert"... Sur le moment, cela peut vous sembler être une bonne solution, mais sur le long terme, vous risquez de créer un réel blocage chez votre enfant ! Car l'enfant ne doit surtout pas manger pour vous faire plaisir. S'il en vient à croire cela, il réglera son repas non plus sur sa sensation de faim, mais sur son envie de contenter (ou de contrarier) son entourage. Votre enfant n'a rien mangé ce soir ? Ne le forcez pas, retirez son assiette à la fin du repas sans faire de commentaire ou trahir la moindre émotion (colère, tristesse).  Si l'enfant perçoit une inquiétude parentale quant à sa façon de se nourrir, il pourrait être tenté d'en faire un moyen de pression. Ne parlez pas non plus des difficultés qu'il a à manger devant lui, par exemple avec votre conjoint. Et si le problème persiste, n'hésitez pas à en parler avec votre médecin. 

Ne prévoyez pas de plan B

Votre enfant fait la moue devant votre sublime purée de petits pois, et réclame des coquillettes-jambon ? Qui n'a jamais été tenté d'accéder à sa demande afin d'avoir enfin la paix ? Sauf que vous auriez tort : il ne faut jamais prévoir de plat de remplacement. Céder, c'est en effet mettre le doigt dans un engrenage : si vous avez substitué l'aliment une fois, l'enfant, en toute logique, comprendra qu'il peut obtenir gain de cause et vous le réclamera ensuite systématiquement. 

Ne félicitez pas non plus

Alléluia, votre enfant a enfin accepté de manger votre délicieuse ratatouille que vous avez cuisiné pendant deux heures ? Vous pourriez être tenté de le féliciter sauf que... non, il ne faut surtout pas. Votre message doit être clair : se nourrir n'est pas une qualité, mais une action normale. Vous pouvez le féliciter de s'être bien comporté à table (de s'être bien tenu sur sa chaise, de ne pas avoir mangé avec les doigts), mais pas pour avoir mangé !

*"50 astuces pour que mon enfant mange des fruits et des légumes", par Nicole Béguin, chez Jouvence Editions, 8,90 euros

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