Mont-Saint-Michel : les éleveurs veulent bloquer l'accès jusqu'à jeudi

Mont-Saint-Michel : les éleveurs veulent bloquer l'accès jusqu'à jeudi

AGRICULTURE – Fragilisés par des prix trop bas pour leur permettre de se maintenir à flot, des centaines d'éleveurs se sont donné rendez-vous lundi au Mont-Saint-Michel et à Caen pour paralyser la circulation. Des opérations de blocage qui pourraient durer encore plusieurs jours.

Ils sont déterminés à se faire entendre. Lundi, plusieurs centaines d'éleveurs et de tracteurs se sont donné rendez-vous au Mont-Saint-Michel pour en bloquer les accès. Une opération coup de poing devant l'un des sites touristiques les plus visités de France, qui devrait durer jusqu'à jeudi, afin de mettre la pression sur le gouvernement, alors que les éleveurs français traversent une grave crise.

"La pression des agriculteurs ne va pas céder"

Les deux routes principales menant à l'îlot le plus célèbre de France ont ainsi été fermées par les agriculteurs dans l'après-midi, en soutien à ceux qui, dès six heures du matin, avaient paralysé la circulation autour de la ville de Caen . Au Mont-Saint-Michel, les visiteurs pouvaient quitter le parking, mais en aucun cas y entrer. "L'accès est très compliqué pour les touristes", a confirmé Claire Montemont, du syndicat mixte du Mont-Saint-Michel. "C'est une action symbolique, pacifique, pour relayer l'action des éleveurs du Calvados", explique Jean-Baptiste Mainsard, un éleveur qui participe au mouvement. Un mouvement qui pourrait d'ailleurs durer plusieurs jours : contacté par metronews, Yannick Bodin, président de la Coordination rurale dans la Manche, assure "tenir les opérations de blocage, à Caen comme au Mont-Saint-Michel, jusqu'à jeudi". Selon lui, 200 à 300 éleveurs doivent se réunir dans la soirée au Mont-Saint-Michel afin de décider de possibles nouvelles opérations. Les particuliers peuvent donc s'attendre à de nouveaux problèmes de circulation dans les jours à venir…

10% des éleveurs au bord du dépôt de bilan

Ces mouvements de colère de la part des éleveurs sont liés à une chute des prix qui les met aujourd'hui au bord de la faillite. Le porc est ainsi vendu aux abatteurs 1,38 euro le kilo, alors qu'il faudrait 1,40 euro pour couvrir les frais de production. Idem pour le lait, dont le prix a chuté de 15% depuis un an et qui est aujourd'hui vendu par les producteurs 30 centimes le litre alors qu'il faudrait qu'il soit à au moins 34 centimes pour qu’ils atteignent l'équilibre. Selon le ministère de l’Agriculture, 10% des éleveurs sont "au bord du dépôt de bilan".

À qui la faute ? Difficile pour l'heure de le savoir, car industriels et hypermarchés se renvoient la balle. Un accord signé courant juin par tous les acteurs de la filière devait amener une hausse du prix de la viande, mais il n'a pas été suivi d’effet. La grande distribution assure qu'elle a respecté les engagements pris ces dernières semaines sur le prix de la viande, mais que l'argent ne va "pas dans la poche des éleveurs". Afin de tirer cela au clair, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, doit recevoir mercredi un rapport du médiateur des prix. Un rapport attendu avec impatience par les agriculteurs : "On va découvrir le pot aux roses", assure Jean-Pierre Fleury, le président de la Fédération nationale bovine.

EN SAVOIR +
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