Mort de Naomi Musenga : ce que disait le rapport du Sénat de 2017 sur les auxiliaires de régulation du Samu

Société
SANTÉ - Dans un rapport publié en juillet 2017, le Sénat souligne le manque d'effectifs et le manque d'expérience ou l'absence de formation des assistants de régulation médicale (ARM).

L'affaire Naomi Musenga relance le débat autour des urgences. Une enquête préliminaire a été ouverte après le décès le 29 décembre 2017 de cette jeune femme de 22 ans, dont l’appel au Samu n’avait pas été pris au sérieux par les opératrices téléphoniques. Les professionnels au centre 15 exercent-ils dans de bonnes conditions ?


"En premier lieu, le bon fonctionnement de la régulation médicale suppose que les régulateurs puissent s'appuyer sur des effecteurs de terrain en nombre suffisant afin d'assurer une coopération rapide - ce qui n'est semble-t-il pas toujours une réalité", peut-on lire dans le rapport d'information "Les urgences hospitalières, miroir des dysfonctionnements de notre système de santé" publié par le Sénat le 26 juillet 2017. A Paris par exemple, le volume d'appels au centre nécessite 45 ARM mais ils ne sont que 29. 

Sept à huit minutes d'attente au standard

Dans certains départements, le but est de limiter le délai d'attente à moins d'une minute : pourtant, il arriverait dans certaines agglomérations que le temps d'attente atteigne 7 à 8 minutes, et cela dans un contexte d'urgence. Les responsables de service ont par ailleurs souligné qu'il est très difficile de remplacer un ARM en cas d'absence, ce qui contribue à déstabiliser périodiquement le fonctionnement des centres de régulation. L'ensemble de ces difficultés explique par ailleurs le turn-over important de ces professionnels."


Sont également soulignées "de fortes tensions s'agissant du financement et de la rémunération associés à l'activité de régulation médicale" en raison des disparités concernant les rémunérations, parfois "significativement différents pour une même activité". 

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La famille de Naomi Musenga demande des explications

Une formation initiale au métier d'ARM pas obligatoire

Les ARM sont les premiers maillons de la chaîne d'urgence. C'est à eux que revient la tâche d'analyser le degré d'urgence des appels reçus vers le 15 et le 112. Pourtant, certains ne reçoivent pas de formation. En France, deux établissements proposent une formation au métier d'ARM avec un diplôme de niveau bac +1, mais elle n'est pas obligatoire pour l'exercice de la fonction. Certains établissements procèdent au recrutement en se basant sur leurs propres critères. 

"(...) la fonction d'ARM est insuffisamment valorisée et encadrée, en dépit de son importance cruciale. Il s'agit en effet d'un métier très difficile et extrêmement stressant, que l'on fait pourtant bien souvent exercer par des personnes manquant d'expérience, quand ce n'est pas tout simplement d'une formation initiale", peut-on encore lire dans le rapport du Sénat. "Alors que la difficulté de la mission justifierait l'organisation d'un tutorat systématique au bénéfice des nouveaux professionnels, il est le plus souvent impossible à mettre en place en pratique du fait de la faiblesse des effectifs", peut-on encore lire. Pour enrayer ces disfonctionnements, des sénateurs proposent de mettre en place une formation initiale obligatoire et standardisée d'au moins deux ans, incluant des périodes de stage et sanctionnée par un diplôme qualifiant, pour l'exercice de la profession d'assistant de régulation médicale (ARM).

Ce mercredi 9 mai, le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête préliminaire du chef de non-assistance à personne en péril. L'enquête est confiée aux services de la Direction régionale de la police judiciaire Grand est. De leur côté, les avocats de la famille ont annoncé qu'ils allaient porter plainte pour "non-assistance à personne en danger" et "mise en danger
de la vie d'autrui" sera déposée "contre X et contre les hôpitaux universitaires de Strasbourg" 

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