Mort de Rémi Fraisse : la LDH enfonce les gendarmes, malgré une enquête indulgente

Mort de Rémi Fraisse : la LDH enfonce les gendarmes, malgré une enquête indulgente

SIVENS – Un an après la mort de Rémi Fraisse, la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) rapporte des témoignages à charge à l'encontre des violences policières. L'enquête de la gendarmerie vient, a contrario, justifier cet emploi de la force contre des manifestants violents.

Le rapport sur les circonstances de la mort de Rémi Fraisse est accablant. La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) a rendu vendredi 23 octobre les conclusions de la commission d'enquête citoyenne. Selon ce dernier, l'autorité politique a délibérément pris le parti de faire exercer à l'encontre des occupants du site un niveau de violence considérable, par les forces de l'ordre. "La survenance d'un drame et la mort d'un homme étaient dans la logique du dispositif mis en place", a expliqué la commission lors de sa conférence de presse à Paris.

Rémi Fraisse a été tué le 26 octobre par une grenade offensive lancée par un gendarme, sur le site de Sivens, où des militants écologistes protestaient contre un projet de construction d'un barrage. Pour la commission de la LDH, les forces de l'ordre ont fait un usage excessif de la violence, verbale et physique, envers les zadistes, avant même la grande manifestation du 25 octobre : insultes, passages à tabac, expulsions avec grenades lacrymogènes, destructions des effets personnels, etc. Le niveau de violence n'a fait qu'augmenter, pour atteindre son paroxysme dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014.

Des opérations policières illégales

La commission de la LDH déplore "l'absence de traçabilité précise des ordres donnés", qui est selon elle "le meilleur moyen pour l'autorité politique de se défausser de ses responsabilités". De fait, il y a eu selon elle une "gestion catastrophique des opérations de maintien de l'ordre". De plus, la nature privée du terrain et l'absence de toute décision judiciaire préalable à l'expulsion des occupants du terrain rendent illégales, selon elle, les opérations de maintien de l'ordre.

Malgré ces témoignages à charge contre les forces de l'ordre, et de surcroît, l'autorité politique, l'enquête de la gendarmerie reste indulgente envers les protagonistes du drame, comme le raconte Reporterre . D'après les premières conclusions, les gendarmes ont riposté "à des violences caractérisées, croissantes, et incessantes" des occupants, que "des avertissements réglementaires ont été effectués avant chaque usage ou lancer de grenades", tout comme l’utilisation d'une paire de jumelle pour vérifier que personne ne se trouvait dans la zone du lancer.

Des témoignages contradictoires

Mais, comme le rapporte Le Monde , qui a pu prendre connaissance de la commission rogatoire déposée en mars par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), de nombreux éléments viennent contredire ces affirmations. Des témoignages de gendarmes présents contestent par exemple l'utilisation de jumelles et de mégaphone, tous deux cassés, par les forces de l'ordre, ou encore des jets de cocktail Molotov par les manifestants.

L'IGGN peine à documenter les faits de violences des opposants contre les gendarmes, et à justifier l'emploi de grenades offensives. Si la LDH reconnaît la présence de zadistes prêts à en découdre, elle affirme néanmoins qu'ils avaient "des moyens matériels limités" qui n'étaient "pas de nature à mettre sérieusement en danger les forces de l'ordre".

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