Musées, Elysée, Assemblée... : comment le sauve-qui-peut s'organise face à la crue de la Seine

SOCIÉTÉ
ÇA CONTINUE DE MONTER - Alors que le niveau de la Seine devrait atteindre un pic vendredi à la mi-journée, les musées qui bordent le fleuve s'affairent à mettre à l'abri leurs collections. Mais d'autres institutions comme le Palais Bourbon ou l'Assemblée nationale pourraient être aussi menacées.

Que d'eau, que d'eau. Et ça n'est pas fini. A Paris, la crue de la Seine devrait atteindre vendredi un pic à plus de 6 mètres. Et, même si les niveaux sont attendus loin derrière ceux de 1910 (8, 60 mètres), de nombreuses institutions qui bordent le fleuve s'activent pour parer à tout débordement. 

Les grands musées parisiens qui bordent la Seine ont ainsi les pieds qui flottent. Et se mettent en mode branle-bas de combat : vu le nombre des œuvres à déménager, il ne faut pas attendre le dernier moment.

A LIRE AUSSI >> Crue à Paris : "On n'a jamais vu ça... Le pire, c'est que ça continue de monter !"

 Si l'eau monte trop, le musée d'Orsay, installé dans l'ancienne gare d'Orsay, pourrait voir ses sous-sols, voire tout son grand hall inondé. De quoi mettre en péril les chefs d'œuvres naturalistes, Milet, Manet, Degas…

L'établissement a ainsi annulé sa nocturne jeudi, et fermé ce vendredi (il le restera jusqu'à mardi), pour permettre la mise en place de son "plan de protection" contre la crue de la Seine : les œuvres vont être transportées dans les étages supérieurs du bâtiment. Les archives sont quant à elles à l'abri, dans des locaux à la Courneuve.


De l'autre côté de la Seine, le Louvre, lui aussi fermé exceptionnellement ce vendredi, a également commencé à transférer les œuvres conservées dans ses réserves. L'une des salles des arts de l'Islam, la plus basse, est vidée ce matin, à titre préventif. Plus généralement, 200.000 œuvres y sont en zone inondable. Rappelons en effet que lors de ses travaux d'agrandissement dans les années 1990, les pelleteuses ont creusé très profondément, notamment sous la pyramide du Louvre. Un espace qui serait menacé par la montée des eaux.


Le musée du quai Branly lui, est pour l'instant à l'abri. Le bâtiment conçu par Jean Nouvel est plus moderne, et est censé être mieux protégé. En tout cas, jusqu'à une hauteur d'environ 8,90 mètres. En revanche, deux sites de la Bibliothèque nationale de France ont eux aussi été fermés.

 L'Assemblée nationale attend de son côté l'éventuel déclenchement du "plan crue" par la préfecture pour mettre elle aussi à l'abri les œuvres stockées dans les réserves du sous-sol du palais Bourbon.


Car il n'y a pas que les musées qui jouissent d'une location sur les bords de Seine. Il y a aussi… Le Palais de l'Elysée. On y pense moins, mais la présidence de la République, rue du Faubourg Saint-Honoré, est juste derrière le Grand Palais, et en zone inondable. D'après le Point ce vendredi, face à la montée des eaux, l'Elysée envisage un déménagement de la présidence... au château de Vincennes. "Le débordement de la Seine a conduit le Premier ministre à déclencher, sur la proposition du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), le plan de continuité du travail gouvernemental en cas de crue majeure de la Seine à Paris". Lancé par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président, le plan prévoit de déménager l'Elysée dans la forteresse du château de Vincennes. Mais des ministères, pour la plupart situés en bord de Seine, seraient aussi concernés. Pour l'instant, "on en est pas encore au stade [de déménager, NDLR]. Pour l'instant, on veille à ce que tous les dispositifs soient prêts et que les différentes mesures puissent être appliquées pour assurer la continuité du travail gouvernemental", explique le SGDSN au Point.

 Le Quai d'Orsay, ministère des Affaires étrangères, prend lui aussi ses précautions. "Les archives ne sont pas au Quai d’Orsay, ils sont à la Courneuve", a précisé Jean-Marc Ayrault, interrogé sur le sujet vendredi matin sur France Info. "Mais il y a au Quai d’Orsay des sous-sols qui peuvent être menacés par les crues de la Seine." D'après le ministre, le pic n'a pas encore été atteint. "Mais il y a un plan qui concerne tous les ministères qui s’appelle le plan Neptune pour que l’Etat et ses services puissent continuer à travailler. Donc lorsque la cote d’alerte est atteinte il y a une évacuation qui se fait." Le point sensible, est surtout dans les sous-sols : "Se trouvent surtout les matériels informatiques qui mettent en liaison avec tous nos postes dans le monde entier, donc nous en avons besoin, ils sont indispensables."

► Par ailleurs, si toute circulation fluviale est interdite en ce moment, les péniches amarrées sur la Seine commencent elles aussi à être en difficulté. Deux péniches abritant des SDF, des Restos du Coeur et de l'Armée du Salut, ont été évacuées avec un relogement dans des gymnases. Et depuis trois soirs, la mairie organise des maraudes pour s'assurer que des SDF ne restaient pas dans des endroits inondables. Des zones de stockage de véhicules municipaux, sous des ponts, ont dû déménager et une dizaine de digues mobiles ont été placés en bord de Seine.

EN SAVOIR + >> Crue de la Seine : suivez la situation en temps réel

Lire et commenter