Nantes : colère noire et dépôt de plainte après la dégradation d'un escalier peint aux couleurs de la Gay Pride

Nantes : colère noire et dépôt de plainte après la dégradation d'un escalier peint aux couleurs de la Gay Pride

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LOIRE-ATLANTIQUE - A Nantes, un escalier qui avait été repeint aux couleurs de la Marche des fiertés a été vandalisé. Les Nantais se mobilisent et la mairie va porter plainte.

"Grave stylé", "magnifique", "super idée." Elles ont été vite adoptées, ces marches colorées installées en plein cœur de Nantes le vendredi 8 juin dernier. Tout un escalier a été repeint en arc-en-ciel, aux couleurs de la marche des fiertés. L’œuvre a en effet été réalisée par le centre LGBT de Nantes, quelques jours avant la Gay Pride.


"Nous les avons peintes hier hier après-midi, maintenant elles sont là pour vous, pour vos instants photos, pour vous réveiller le matin dans le tram, pour se poser et discuter, et aussi pour sécuriser votre descente le soir (les arrêtes sont peintes aussi, signalant chaque marche)", indiquait ainsi le centre LGBT sur Facebook.

Des marches colorées pour illustrer la "marches fiertés". Elles ont tout de suite suscité un large enthousiasme, dépassant le seul message gay-friendly. "La couleur, en ville, ça change tout", a ainsi relevé une jeune fille sur Twitter. 

L’œuvre est rapidement devenu un lieu de passage, suscitant la curiosité, et les pauses photos de passants et touristes.  

Un gros succès donc, au point que la maire Johann Rolland, quelques jours après l’installation, avait annoncé son envie de rendre l’œuvre pérenne. Celle-ci devait initialement rester tout l’été. Une demande avait été formulée auprès des Bâtiments de France. 

Sauf que dans la nuit de mercredi à jeudi, les marches ont été dégradées. Barbouillées en blanc. Là encore, les photos et les commentaires désolés ont défilé sur Twitter.  "C'était prévisible, ce n'est pas vraiment une surprise pour nous", réagit Noé Parpet, le président du centre LGBT de Nantes, à Presse Océan. Il indique avoir également "reçu des menaces au sein même de nos locaux il y a quelques jours". Et évoque des "graphs avec des termes très violents que la ville a fait disparaître".  Un tag "Légalisez la pédophilie" était en effet visible le mercredi avant d'être recouvert, rapporte Ouest-France.


Là encore, les réseaux sociaux font état de la désolation des passants devant les marches barbouillées.

Une bataille autour des couleurs de l'escaliers va sans doute s'engager. Car déjà, beaucoup appellent à venir repeindre, avec seaux et pinceaux.

Katell Favennec, conseillère municipale déléguée à la lutte contre l'homophobie et au suivi des associations LGBT, se dit dans Ouest-France  "un peu désespérée" que "certains ne soient indignés que par la peinture aux couleurs de l’arc-en-ciel". 

La maire PS de Nantes, Johanna Rolland a de son côté indiqué que la Ville allait porter plainte pour dégradation d'une oeuvre".

Quelques comptes Twitter, tendance catholique intégriste et Manif pour tous, avaient critiqué l’initiative, déplorant une "propagande", faite avec des subventions de la Ville. 

"Vous l'avez sûrement remarqué, un nuage blanc disgracieux s'est posé sur les Marches des fiertés cette nuit", a écrit le centre LGBT sur sa page Facebook, qui annonce que les marches seront bien repeintes. "Vous êtes plusieurs à nous proposer spontanément votre aide pour repeindre les marches des fiertés, elles seront repeintes avec l'aide de ceux qui le veulent."


La date n’est en revanche pas encore fixée : pour des raisons esthétique et techniques, les équipes doivent retrouver la même peinture ou attendre la validation des bâtiments de France pour une installation pérenne et appliquer une peinture permanente. "Nous condamnons fermement cette dégradation ainsi que les messages de haine empreints d'amalgames honteux qui ont été appliqués sur les Marches."

Pendant ce temps-là à Paris. Cf ci-dessus. 

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