Néonazis fêtant Hitler en Alsace : "C'était leur liberté de se rassembler"

Néonazis fêtant Hitler en Alsace : "C'était leur liberté de se rassembler"

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POLÉMIQUE - Des néo-nazis se sont rassemblés ce week-end en Alsace pour rendre hommage à Adolf Hitler. Une fête qui indigne le vice-président de l'UMP, Roger Karoutchi : il a écrit mercredi une "lettre ouverte" à Manuel Valls pour dénoncer le fait qu'ils n'aient pas été inquiétés par les gendarmes. Contacté par Metronews, le directeur de cabinet du préfet du Haut-Rhin estime que le manque de publicité liée à l'événement a rendu "difficile" toute action des autorités.

La fête organisée samedi dans la salle communale a laissé un goût amer aux 700 habitants d'Oltingue, une petite commune d'Alsace. Entre 150 et 200 néonazis venus de France, d'Allemagne et d'autres pays européens s'y sont réunis la veille de Pâques pour célébrer l'anniversaire de la naissance d'Adolf Hitler, le 20 avril 1889. Prenant de court les gendarmes locaux qui, alertés dans la soirée, ne sont pas intervenus.

Le maire n'y a semble-t-il vu que du feu. Mardi, il confiait à la presse locale que la salle avait été réservée "dans les règles" pour un repas d'anniversaire. Choqué par la supercherie, le sénateur UMP Roger Karoutchi s'est fendu mercredi d'une "lettre ouverte" au Premier ministre Manuel Valls. "Nous votons un arsenal législatif toujours plus important par rapport à une expression discriminante quelle qu'elle soit et 200 nazis peuvent impunément fêter Hitler dans une salle publique d'une commune de France !", s'y indigne-t-il, demandant si "les autorités allemandes ont prévenu les autorités françaises".

Annoncée plusieurs mois à l'avance sur Internet

Elles ne l'ont pas fait, "du moins pas à notre connaissance", indique-t-on à metronews au ministère de l'Intérieur", où l'on assure que si cela avait été le cas, "le rendez-vous aurait été interdit au préalable", mais que "la personne qui a réservé la salle dans ce cas précis n'était même pas fichée." La place Beauvau souligne que vingt policiers, "alertés par un commerçant", "se sont relayés toute la nuit pour surveiller la cérémonie", sans constater "de signes visibles, par exemple un drapeau nazi, ni aucune violence".

Egalement contacté par metronews, le directeur de cabinet du préfet du Haut-Rhin estime que le manque de publicité liée à l'événement a rendu "difficile" toute action des autorités. La soirée avait été annoncée plusieurs mois à l'avance sur Internet, mais le lieu exact n'avait en effet été révélé que dans les derniers instants. "Nous avons eu l'information seulement pendant le rassemblement. Des policiers ont surveillé les lieux et n'ont constaté aucun trouble à l'ordre public. C'était leur liberté de se rassembler", se justifie-t-il.


 

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