Non, Julien Dray, les résultats de l'économie française ne sont pas "remarquables"

SOCIÉTÉ
ZOOM - Mercredi sur LCP, Julien Dray déplorait que les résultats macroéconomiques "remarquables" de la France passent inaperçus. L'occasion pour metronews de faire le point sur la situation économique du pays en ce début d'année.

Dans le climat de défiance actuel et alors que François Hollande et son Premier ministre se rejoignent dans les tréfonds de la popularité ( voir notre dernier baromètre ), Julien Dray a volé mercredi au secours du gouvernement. Sur LCP , ce cadre du parti socialiste a souligné les progrès du pays sur le front économique. "On est en train de réussir économiquement. Pourtant personne ne semble s'en rendre compte", a ainsi déploré le conseiller régional, citant notamment des résultats macroéconomiques "remarquables".

Alors que la fameuse inversion de la courbe du chômage se fait attendre, on peine à mesurer les progrès de l'économie française sur fond de contestation de réforme du code de travail. Metronews fait donc le point sur la situation économique du pays en ce début d'année.

► Croissance, du mieux mais pas d'euphorie
Concrètement, la croissance française a entamé sa remontée en 2014 et devrait voir son PIB continuer de progresser en 2016 et 2017. Une progression toutefois limitée puisque Bercy a maintenu mercredi sa précision de croissance pour 2016 à 1,5%, après une progression du PIB de 1,1% en 2015. Faut-il encore que les prévisions se révèlent exactes quand la Commission européenne table sur 1,3% de croissance en 2016 et le FMI ne nous crédite que d'un très faible 1,1% cette année. Le ministère de l'Economie a lui-même progressivement tempéré son optimisme, lui qui envisageait encore fin 2014 1,7% de croissance en 2016 et 1,9% en 2017.

► Des marges reconstituées mais un moral qui ne suit pas
Côté indicateurs, les entreprises continuent d'améliorer leur taux de marge sous l'effet positif du Crédit impôt compétitivité recherche (CICE), un dispositif mis en place par le gouvernement Ayrault et plébiscité aujourd'hui. Le taux de marge des entreprises a ainsi atteint 31,4% fin 2015, soit son plus haut niveau depuis début 2011. Positif également, le niveau d'investissement des entreprises qui s'est accéléré en fin d'année dernière (0,7% 4t, contre 0,1% 3t).Malgré cela, le moral des chefs d'entreprises ne décolle pas. Selon les données de l'Insee, le climat des affaires en France est quasi stable. Il perd un point en mars 2016, plombé notamment par l'Industrie (-2 points), traduisant l'incertitude des dirigeants. L'industrie, qui a enregistré une baisse de production de 0,7% entre décembre et février tandis que l'ensemble de la production manufacturière reculait de 0,9% en février, une baisse nette dans une tendance cependant positive sur un an (+1,5%).

► La consommation des ménages repart mais pas la foi en l'avenir
Pour les ménages, la situation est mitigée. Si la consommation progresse nettement, augmentant de 0,6% en février, après +1,0 % en janvier et +1,1 % en décembre, soit leur plus haut niveau depuis début en 2011, le moral est toujours en berne. L'indicateur de confiance des ménages, lui, s'établit à son plus bas niveau depuis août 2015. Même pessimisme pour l'avenir, à en croire l'indicateur d'évolution du niveau de vie qui perd 4 points en février, atteignant son plus bas niveau depuis février 2015.

 Et pourtant…
Tous les indicateurs ne sont donc pas au vert pour une reprise franche, n'en déplaise à Julien Dray. D'autant que la conjoncture ne s'avère pas si mauvaise pour la France qui devrait mieux profiter qu'elle ne le fait du prix du pétrole, toujours très bas, ainsi que de la politique accommodante de la banque centrale européenne qui maintient des taux d'intérêt à des niveaux quasi imbattables. Beaucoup de chemin reste donc à parcourir même si la situation économique générale donne des signes d'amélioration… De là à crier victoire.

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