Normandie : les freins lâchent, le "train fou" fait 19 kilomètres hors de tout contrôle

Normandie : les freins lâchent, le "train fou" fait 19 kilomètres hors de tout contrôle
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SEINE-MARITIME – Mardi matin, apprend-on aujourd'hui, un TER normand a perdu ses capacités à s'arrêter après avoir percuté deux vaches. Ses freins ayant lâché, il a roulé tous feux éteints sur une vingtaine de kilomètres avant que le conducteur ne parvienne à le stopper dans une côte.

Grosse frayeur mardi 20 octobre au matin pour les passagers du TER de Normandie assurant la liaison entre Abancourt (près d'Amiens) et Rouen (Seine-Maritime). Peu avant 8 heures, a révélé La Manche Libre en citant un représentant du syndicat Sud Rail, l'autorail qui les transportait "a perdu ses capacités à s'arrêter" après avoir percuté deux vaches. Sous l'effet du choc en effet, le système électrique a été mis hors d'usage, privant le conducteur de tout moyen d'action. Le TER de construction récente, qui transportait sept passagers, s'est ensuite soudainement mis à "dériver", tous feux éteints, sur 19 kilomètres.

Avec son téléphone portable, l'agent de conduite a alors contacté le régulateur et regroupé les voyageurs à l'arrière de la rame, sur les conseils d'une contrôleuse. Mais le train a continué sur sa lancée. Il a notamment traversé à 90 km/h la gare de Serqueux, occasionnant des dégâts matériels, selon Sud Rail. C'est finalement en s'engageant dans une montée que le conducteur est parvenu à stopper l'engin hors de tout contrôle : lorsque celui-ci a été quasiment à l'arrêt, et avant qu'il ne reparte en sens inverse, l'homme, qui serait encore aujourd'hui "très choqué", a sauté du train et placé des cales sous les roues.

"Un miracle" selon un syndicaliste

Les passagers ont été acheminés par autocar vers leur destination finale, a indiqué la SNCF, confirmant l'incident dans un communiqué. Elle a déposé une plainte contre X, visant en premier lieu l'éleveur auquel appartenaient les vaches. Le syndicaliste interrogé par La Manche Libre souligne que si tout s'est bien terminé, c'est parce que "cet incident a eu lieu dans une zone de faible circulation". "Un miracle" selon lui. 

Une enquête est en cours. Plusieurs employés de la SNCF ont déclenché un droit d'alerte en raison du problème de sécurité que pose cet incident. Ce droit, différent du droit de retrait, permet de signaler l'existence d'un danger auprès de l'employeur, qui doit mener une enquête conjointe avec le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail). 

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