Notre-Dame de Paris : faut-il vraiment 833 millions d’euros pour restaurer la cathédrale ?

Notre-Dame de Paris : faut-il vraiment 833 millions d’euros pour restaurer la cathédrale ?

COÛT - Deux ans après l'incendie de la cathédrale de Paris et l'afflux de dons que cette catastrophe a suscité : 833 millions d'euros de la part de 338.000 donateurs, un record. Cet argent suffira-t-il pour restaurer l'édifice ou au contraire sera-t-il excédentaire ?

Il y a deux ans, lorsque Notre-Dame s'embrase, une émotion considérable saisit la France, mais aussi le monde entier. Cela se concrétise par une souscription publique qui a réuni 833 millions d'euros de dons pour la restauration de l’édifice. Une somme totalement inédite et qui pourraient faire tourner bien des têtes. La bonne utilisation de ces fonds est donc surveillé comme le lait sur le feu. 

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Un rapport de la Cour des comptes avait d'ailleurs épinglé cet automne l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, présidé par le général Jean-Louis Georgelin, pour son manque de transparence dans l'utilisation de cet argent. L'intégralité des dons et promesses devant être attribué exclusivement aux travaux de restauration. "Or, une petite partie, de l'ordre de 5 millions d'euros, a été utilisée pour divers frais de fonctionnement comme la communication", avait pointé Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes.

Je suis évidemment garante de la bonne utilisation des fonds et de leur transparence.- Roselyne Bachelot

"Je suis évidemment garante de la bonne utilisation des fonds et de leur transparence. Dans ce cadre la Cour des comptes a émis un certain nombre de préconisations que nous avons suivi et même anticipé, comme la comptabilité analytique absolument indispensable pour assurer cette parfaite transparence", a répondu ce mercredi la ministre de la Culture devant le Sénat, à la veille de sa visite du chantier avec Emmanuel Macron. 

"Il nous reste un point de divergence avec la Cour des comptes. En effet, nous estimons que le financement de l'établissement public de Notre-Dame de Paris est absolument indispensable de la bonne conduite des travaux. Il nous faut évidemment une maîtrise d'ouvrage performante pour faire tout cela. Je signale au passage que nous avons pris en charge le loyer du bâtiment qui héberge cet établissement public", a-t-elle ajouté. 

Toutefois, certaines voix s'élèvent déjà pour dire que ces sommes sont bien trop colossales. "Il y a un débat qui est né : certains pensent qu'il y aura trop d'argent et qu'il faut déjà penser à une utilisation ultérieure ; certains pensent, au contraire, qu'il n'y en aura pas assez. À l'heure actuelle, les sommes récoltées nous permettent d'envisager tranquillement ce chantier dont la sécurisation sera terminée à la fin de l'été. Nous passerons ensuite à la phase de restauration. Je peux vous dire qu'en 2024, la cathédrale de Paris sera rouverte", a tranché Roselyne Bachelot devant les sénateurs. 

Alors qu'en est-il deux ans après ? La première étape du chantier de restauration, celle de la sécurisation du monument, est en voie d'achèvement. L'ensemble de ces opérations menées depuis le sinistre a suffi à engloutir "plus de 100 millions d'euros", a expliqué Guillaume Poitrinal, le président de la Fondation du patrimoine, sur France Info. Une estimation basse : les frais engagés depuis deux ans se montent en fait à un total de 165 millions d'euros, en raison de la complexité de l'édifice et des retards engrangés par la crise sanitaire. "Cela a mobilisé la totalité de la collecte grand public et une partie de la collecte entreprise", a souligné Guillaume Poitrinal, qui avance par ailleurs que "100% des financements, y compris le salaire du général Georgelin, qui pilote le projet, seront faits par les fondations".  

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Pour autant, faut-il vraiment 833 millions d’euros pour restaurer Notre-Dame ? "On verra, le débat est ouvert. Nous sommes encore deux ans après dans une phase d'évaluation des travaux nécessaires", répond le président de la Fondation du patrimoine. Mais, "Il y a beaucoup de bonnes nouvelles, estime-t-il. "L’infrastructure a tenu. Il y a des bonnes nouvelles aussi sur l’échafaudage. On pensait qu’il allait s’effondrer et créer d’autres dommages. Il y a des bonnes nouvelles aussi sur les vitraux, qui ont tenu. Ils sont impeccables", dit-il.

Et si d'aventure une somme restait disponible après l'achèvement des travaux menés sur l'île de la Cité, la piste de nombreux autres monuments historiques en péril, "1700 petits Notre-Dame", selon le président de la Fondation du patrimoine, seraient à l'étude. 

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