Notre-Dame-des-Landes : l'arrêt des travaux coûterait 250 millions d'euros à l'Etat

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ENVIRONNEMENT - Si le projet était définitivement enterré, le coût pour l'Etat s'élèverait à peu de chose près à 250 millions d'euros. Un montant qui avoisine le coût des constructions si celles-ci aboutissent finalement. La cour administrative d'appel de Nantes se prononce ce lundi après-midi sur la validité d'arrêtés autorisant les travaux de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Les défenseurs du projet de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes avançaient que l'arrêt des travaux coûterait finalement plus cher à l'Etat que leur poursuite. Pourtant, les sommes dégagées par l'Etat reviendraient à peu de chose près au même, que les constructions aboutissent ou non. 


Si le projet se trouvait définitivement enterré, l’Etat devrait verser 300 millions d’euros d'indemnités à Vinci, le groupe de BTP qui devait construire l’aéroport. Puis, vient le coût d’agrandissement de l’aéroport de Nantes Atlantique. Selon la direction générale de l’aviation civile, l'aménagement de l'acteul aéroport devrait coûter 800 millions d’euros. Une somme que l’Etat et les collectivités ne paieraient qu'en partie (jusqu’à 200 millions d’euros). Le reste serait réglé par le concessionnaire. 

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Notre-Dame-des-Landes : l'abandon du projet coûterait environ 300 millions d'euros à l'État

L’ardoise des dépenses se monterait alors à 500 millions d’euros, or l'arrêt du projet engendrerait également des économies à la région. Des routes et infrastructures censées être à leurs charges ne seront donc pas construites, ce qui évite à l'Etat de verser encore 250 millions d'euros. L’arrêt des travaux coûterait finalement 250 millions d’euros, sensiblement la même somme que si le projet aboutissait. 


Reste quelques heures d'attente avant de connaître la décision de la cour administrative d'appel de Nantes. Les sept juges qui composent la cour devront se positionner sur la validité d'arrêtés autorisant les travaux de l'aéroport. Ils feront connaître leur décision vers 14h, lors d'une audience publique. 

Les associations s'opposant au projet espèrent que la cour suivra l'avis du rapporteur public. Ce dernier avait demandé vendredi dernier l’annulation de deux arrêtés préfectoraux indispensables au démarrage des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. 


La magistrate, Christine Piltant, estime que la construction de ce nouvel aéroport nantais et de sa desserte routière entraînerait une dégradation certaine des milieux aquatiques, et qu'il existe par ailleurs une "alternative avérée" à Notre-Dame-des-Landes, sur l'actuelle infrastructure Nantes-Atlantique.

Si c'est confirmé, les conditions pour une intervention ou un démarrage des travaux ne sont aucunement réuniesThomas Dubreuil, l'un des avocats des associations opposées au projet

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Lors de l'annonce des préconisations de la magistrate, vendredi dernier,  l’un des avocats des requérants, Me Sébastien Le Briéro s'était montré prudent : "C’est un bon signe, mais nous attendons les débats de l’audience de lundi et les arrêts que rendra la cour administrative d’appel", qui seront connus sous quinze jours.


"On attend l’audience et la décision. Mais si c’est confirmé, et si les arrêtés sont annulés, les conditions pour une intervention ou un démarrage des travaux ne sont aucunement réunies", avait avancé de son côté Thomas Dubreuil, autre avocat des associations requérantes.

Alors que Manuel Valls a confirmé sa volonté de lancer à l'automne les travaux préparatoires à la réalisation du nouvel aéroport nantais, l'annulation d'un seul arrêté préfectoral, sur les cinq contestés en justice, porterait un coup d'arrêt à ce projet quinquagénaire, déclaré d'utilité publique en 2008. 


En première instance en 2015, le tribunal administratif de Nantes avait rejeté les recours déposés par les opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes. Une décision qui devait ouvrir la voie à la réalisation des travaux. La majorité des opposants avaient fait appel de cette décision.

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