Notre-Dame-des-Landes : la manif dégénère, Valls accuse l'ultragauche

Notre-Dame-des-Landes : la manif dégénère, Valls accuse l'ultragauche

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AFFRONTEMENTS - La manifestation, bon enfant, s'est transformée en "guérilla urbaine" dans le centre de Nantes. Pour le ministre de l'Intérieur, les organisateurs ont ignoré que certains groupes ne voulaient pas tant protester contre le projet d'aéroport qu'en découdre avec les forces de l'ordre.

Comme le redoutaient les autorités, qui avaient mobilisé samedi un important dispositif policier, la manifestation contre la construction d'un aéroport à Notre-Dame des Landes a dégénéré dans le centre-ville de Nantes.

Deux types de manifestants tout en contraste

En présence de figures politiques nationales telles que Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly, Jean-Michel Placé ou encore le leader des Bonnets rouges, Christian Troadec, venu "à titre personnel", quelque vingt milles personnes selon la préfecture, bien plus selon les organisateurs, ont défilé dans une ambiance bon enfant. Familles, clowns, punks à chiens et bien sûr agriculteurs, ont paradé dans la ville pour rejoindre la place de la Petite Hollande, où, en fin d'après-midi, il y avait encore des concerts. Les slogans étaient clairs, "Ayraultport non merci", "Non à l'Ayrault porc", "Vinci dégage, Ayrault aussi", mais l'attitude était pacifique.

En marge, dès le début du rassemblement, quelques centaines de manifestants radicaux ont cassé l'ambiance. En fin de cortège, ils étaient près d'un millier à encore défier les forces de l'ordre, balançant bouteilles, billes d'acier et autres fusées de détresse. Grenades lacrymogènes, engins assourdissants, canons à eau, la police avait de quoi répondre. Bilan provisoire, avant une nuit sous haute tension : au moins quatre arrestations et six policiers blessés, selon la préfecture de Loire-Atlantique qui accuse les organisateurs de s'être appuyés sur la frange la plus radicale du mouvement et d'avoir été débordés par ces "casseurs".

Des dégâts à tout va, que Valls impute à l'ultra-gauche

Les dégâts matériels sont importants : l'entrée d'un poste de police, une agence du groupe Vinci (concessionnaire du futur aéroport), et des commerces sans rapport évident, comme une agence Nouvelles Frontières, ont été saccagés. Ont aussi beaucoup souffert le mobilier urbain des transports publics nantais, des caténaires SNCF bombardées de projectiles et deux engins de chantiers, incendiés. Pour le ministre de l'Interieur, Manuel Valls, les mouvements d'ultragauche sont responsables ainsi que les "Black Blocs", ces groupes informels, anarchistes, anticapitalistes, sans étiquette claire, qui se sont fait une spécialité d'agir en marge de rassemblements. Peut-être pas tant comme ils l'affirment pour les protéger de la police que pour la provoquer...

"Ils voulaient casser des policiers et du gendarme", a en tout cas estimé Manuel Valls, dénonçant des "exactions" inadmissibles dans les rues de la cité des Ducs de Bretagne. Une violence initiée selon lui par "l'ultragauche radicalisée". A gauche sans doute du PS, mais allié avec lui au sein du gouvernement, Europe-Ecologie-Les Verts a fermement condamné "les dégradations et les actes de violence en marge de la manifestation" mais sur le fond , le parti s'est félicité du "succès de la mobilisation". La ministre du Logement, Cécile Duflot, n'était pas du lot, mais solidarité gouvernementale ou pas, elle n'a pas caché samedi qu'elle était "de coeur avec eux", et "plutôt deux fois qu'une".

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