Notre-Dame-des-Landes : la "route des chicanes" est bien dégagée, mais toujours interdite à la circulation

SYMBOLE - Après l'abandon du projet d'aéroport, le gouvernement avait exigé le nettoyage de la route qui traverse la ZAD avant la fin de cette semaine. C'est fait. Mais en attendant la fin de travaux de réfection, qui devrait durer trois semaines, les voitures ne peuvent en revanche toujours pas passer.

C’est fait. Les obstacles ont été enlevés. La préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, a affirmé vendredi en fin de matinée, après l'avoir traversée, que la "route des chicanes" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, était "dégagée". Après l'abandon du projet d'aéroport, le gouvernement avait exigé le nettoyage de cette route avant la fin de la semaine. 


Le geste est surtout symbolique, comme une manière pour l'Etat de remettre un pied dans la ZAD, car la circulation est toujours compliquée, comme le rappelle ce journaliste de Ouest-France, qui suit sur place la visite de la préfète. "C'est surtout un symbole, car la route reste interdite à la circulation et les occupants ont juste déménagé de quelques mètres."

Vendredi matin, la préfète est donc arrivée, dans un convoi... bien sécurisé. Quatre véhicules, qui transportaient également le directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey, ainsi que des élus locaux, ont ainsi emprunté la visite de la route départementale 281 du Sud vers le Nord. Des membres du GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) avaient pris place à bord du convoi, par ailleurs surveillé par un hélicoptère de la gendarmerie. Des blindés de la gendarmerie étaient aussi stationnés à l'extrémité de la route sur laquelle des banderoles proclamaient "Zone à défendre. Résistance et sabotage" ou "Yes Chicane". Des militants, dont beaucoup avec le visage dissimulé, avaient pris place sur le bas-côté pour "saluer" le convoi, certains montrant leurs fesses à son passage.

Sur le terrain, le convoi a marqué un arrêt au lieu-dit de Bel Air pour constater que les divers obstacles jonchant la route avaient bien été enlevés par les militants anti-aéroport.  "La route est dégagée, les fossés sont dégagés", a donc alors constaté la préfète, en faisant quelques pas sur la route. "Le dialogue va pouvoir commencer". 


Après l'abandon du projet d'aéroport, les opposants avaient amorcé lundi le nettoyage de la "route des chicanes", conviant leurs soutiens et les riverains, mais en tenant la presse à l'écart pendant toute la durée du chantier.  Ce déblayage s'est fait non sans tension au sein du mouvement très hétérogène des anti-aéroport, notamment au niveau du "Lama fâché", un "lieu de vie" installé sur la route, qu'une minorité refusait de démonter, selon plusieurs sources.

Trois semaines avant la réouverture à la circulation

Interdite à la circulation par le conseil départemental de Loire-Atlantique depuis novembre 2012, la route de 4,5 km allant de Vigneux-de-Bretagne à Notre-Dame-des-Landes était obstruée sur environ trois kilomètres par divers obstacles (pneus, épaves de véhicules, barricades en tous genres) et était "gardée" quasiment en permanence depuis des cabanes et miradors.


Le dégagement de cet axe avait été exigé par le gouvernement lors de l'abandon du projet d'aéroport. Il en a fait un préalable aux futures discussions sur la redistribution des 1.650 hectares de terres qui conserveront leur vocation agricole. D’après un journaliste de Ouest-France sur place, la préfète a annoncé que l’Etat empêchera que la route ne soit rebloquée. Des travaux vont être désormais lancés pour rénover la chaussée, très abimée. La route sera rouverte ensuite, soit dans environ trois semaines.

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