Notre-Dame-des-Landes : pour Cazeneuve, il faut "bien entendu" évacuer la ZAD mais...

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ÉVACUATION - Le Premier ministre a affirmé devant l’Assemblée nationale qu’il fallait évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, mais que l’important est de "savoir comment bien le faire" dans un contexte de forte mobilisation des forces de l’ordre.

Les occupants de la "Zone à défendre" de Notre-Dame-des-Landes n’avaient pas apprécié la promesse de Manuel Valls de l'évacuer avant l’hiver, ils ne goûteront certainement pas davantage les propos de son successeur. Ce mercredi, devant l’Assemblé nationale, Bernard Cazeneuve a, à son tour, affirmé que la ZAD devait être évacuée. Le tout serait de choisir le bon moment et la bonne méthode, dans un contexte où les forces de l’ordre sont déjà très mobilisées.

Face au député Les Républicains Alain Chrétien, qui lui reprochait que le dossier ait disparu de ses priorités et demandait "ce que sont devenues les grandes déclarations" de l’ancien chef du gouvernement, Bernard Cazeneuve a répliqué : "Le sujet n'est pas de savoir s'il faut ou non évacuer la ZAD. Bien entendu qu'il faut le faire, pour des raisons qui tiennent au fait que dans un État de droit, le droit doit être respecté, que nul ne peut par la violence s'opposer à l'expression de la souveraineté des élus lorsqu'ils respectent le droit ni aux décisions qu'ils prennent".

Il faut être sûr que l'opération que l'on conduit se déroulera sans violences- Bernard Cazeneuve, Premier ministre

Le Premier ministre a précisé que "la question est de savoir comment bien le faire". "Il faut être dans la méthode, dans l'efficacité, et il faut être sûr que l'opération que l'on conduit se déroulera sans violences, avec une véritable réussite et la possibilité pour cette infrastructure de se faire". 

"C'est la raison pour laquelle, compte tenu de ce qui est le niveau de mobilisation des forces - (…) parce qu'il y a une menace terroriste extrêmement importante à laquelle l’État doit faire face -, j'ai demandé au ministre de l'Intérieur de bien vouloir déterminer les conditions d'une opération pragmatique, efficace et qui permette de faire en sorte que cet aéroport puisse se faire", a-t-il précisé. 600 à 700 zadistes occuperaient actuellement le site de 1 200 hectares.

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    S’appuyant sur la victoire du oui au référendum local de juin et des rejets des recours par la justice, Manuel Valls avait promis l’évacuation de la ZAD à l’automne (soit avant le 21 décembre). Le problème pour le gouvernement est que la Commission européenne a mis en demeure l’Etat depuis avril 2014 pour ne pas avoir réalisé d’évaluation des impacts cumulés des infrastructures du projet d’aéroport.

    La France s’est engagée à régulariser son infraction, sans quoi l’évacuation n’est pas possible, selon une source proche du dossier. Une révision d’un schéma de cohérence territoriale de la métropole Nantes-Saint-Nazaire doit être présentée et sera soumise au vote le 19 décembre. Celui-ci est susceptible de nouveaux recours en justice.

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