Nouveau Vélib :  pourquoi son installation tourne au "cauchemar"

Nouveau Vélib : pourquoi son installation tourne au "cauchemar"

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GALÈRE - Retards, bugs, pénalités envisagées pour le nouvel opérateur... L'installation de la nouvelle génération de vélos en libre-service dans l'agglomération parisienne ne se passe pas comme prévu. Quelles sont les raisons de cet "accident industriel" dénoncé par les usagers ?

Plus léger, aidé d'une assistance électrique, bénéficiant de centaines de stations supplémentaires... Le nouveau Vélib avait tout plaire, mais son installation se révèle chaotique. Après de nombreuses plaintes d'usagers et des retards de plusieurs semaines, la mairie de Paris a décidé de hausser le ton.


"Nous mettons la pression sur le nouveau gestionnaire pour accélérer ce service essentiel à la mobilité parisienne", a affirmé mercredi Anne Hidalgo lors de ses voeux aux élus. La veille, son adjoint aux Transports, Christophe Najdovski, avait indiqué qu'il était "clair que nous ne sommes pas du tout satisfaits de la prestation du nouveau prestataire".


Tout en pointant la responsabilité du nouvel opérateur Smovengo, la maire a tenu à rappeler "qu'il s'agit ni plus ni moins que de créer le plus grand service de vélo partagé en Europe qui va être utilisé pour les 15 ans qui viennent". Et d'ajouter que "ce n'est pas dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier que [ce changement] peut se faire", en évoquant une application du code des marchés publics "plus compliquée quand il y a un changement de concessionnaire".

Le point sur les perturbations

Ce mercredi, l'application mobile Vélib' Métropole annonçait 69 stations actives. Pourtant, l'objectif affiché était de 300 stations au 1er janvier. À l'annonce du lancement du nouveau Vélib', le 25 octobre, l'objectif avait même été fixé à 600 stations au 1er janvier. Au total 1.400 stations (200 de plus que pour l'ancien Vélib') doivent être installées d'ici le 31 mars. Smovengo a annoncé en décembre que l'installation se ferait au rythme de 80 stations par semaine. 


L'association de cyclistes Paris en Selle estime que "le nouveau Vélib' est un cauchemar pour les usagers", un "chaos total, un accident industriel" et évoque "l'appli inutilisable, le service client injoignable, la tarification en hausse". Sur les réseaux sociaux, de nombreux mécontents racontent les bugs de l'application, les vélos impossibles à décrocher, ou la gêne occasionnée par les travaux qui durent.

Pourquoi ces problèmes ?

Pour expliquer ces retards, Smovengo a invoqué un branchement électrique "plus compliqué que prévu" sur les 45.000 bornes censées recevoir un vélo électrique.


Autre raison invoquée : un délai raccourci de six semaines par une action en justice de JCDecaux. En effet, le précédent opérateur du Vélib', qui a perdu l'appel d'offre face à Smovengo, a déposé un recours en justice, ce qui aurait retardé la préparation des bornes.

Des pénalités atteignant le million d'euro ?

L'association Paris en Selle a réclamé trois mois de gratuité en guise de compensation pour tous ces soucis. Une demande partagée par le groupe écologiste au Conseil de Paris, qui a demandé mardi la gratuité du premier trimestre dans une lettre ouverte au syndicat Vélib' Autolib' Métropole (qui regroupe des élus parisiens et métropolitains). Les écologistes veulent aussi que le syndicat "rende compte des conditions" de transmission de la délégation de service public entre les deux délégataires.

Une pétition a également été lancée sur Change.org - signée par plus de 1.300 personnes mercredi. Elle réclame une "compensation adéquate" et une "communication réelle et réaliste" sur les stations en état de fonctionner.


Fin décembre, face au mécontentement des clients, le syndicat a annoncé une compensation : trois heures gratuites et des ristournes de prix, mais celles-ci ont été jugées insuffisantes et surtout hors-propos, compte tenu du manque de vélos.

Ce mercredi, la présidente du syndicat d'élus Catherine Baratti-Elbaz, a indiqué à l'AFP qu'après avoir constaté "les engagements non tenus, nous sommes en train de travailler pour calculer les pénalités". On "parle de beaucoup d'argent, ce sont des sommes importantes", a-t-elle précisé. Selon un élu, ces pénalités pourraient aller jusqu'au million d'euros.

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