Nouvel étiquetage de la viande : simplification ou déni de culture ?

Nouvel étiquetage de la viande : simplification ou déni de culture ?
SOCIÉTÉ

CONSOMMATION - Depuis samedi, les viandes vendues en supermarché sont dotées d'un étiquetage simplifié. Les professionnels de la boucherie dénoncent une perte d'information au détriment du consommateur.

Du nouveau au rayon boucherie. Vous ne l'avez peut-être pas remarqué, mais depuis samedi, les étiquettes des emballages de viande ont changé . Certains morceaux aux noms méconnus, comme les "poires", "mouvants" ou autres "araignées" sont désormais remplacés par des noms plus génériques : "steak", "pot-au-feu" ou "rôti" (voir ci-dessous). Ils sont accompagnés d'un conseil de cuisson comme "à griller" ou "à mijoter". Quant au niveau de "tendreté" de la viande, il est indiqué par des étoiles.

La décision a été prise par arrêté en juillet dernier . Les professionnels du secteur mettaient en avant le besoin de simplification pour les consommateurs, qui passeraient plus temps au rayon boucherie du supermarché que dans n'importe quel autre rayon. "Un bœuf contient une trentaine de morceaux, mais 10% seulement des consommateurs en connaissent à peine dix, indique Gérard Cladière, président du groupe viande de la Fédération du Commerce et de la Distribution. Mais le rumsteck, le faux-filet ou la bavette resteront indiqués. Nous avons simplement enlevé les parties que les clients ne connaissaient pas !"

"Déni de culture"

L'idée est aussi de relancer la consommation de viande, malmenée ces dernières années, notamment par le scandale de la viande de cheval. Mais la nouvelle disposition est loin de faire l'unanimité. "La grande distribution veut uniformiser les choses. Mais ce que veut le consommateur, c'est manger de la viande de qualité, s'insurge de son côté Christian Le Lann, le président de la Confédération française de la Boucherie. On ne va pas faire repartir le commerce de la viande avec des étoiles !"

Si les "Bas de carrés collier" ou les "tendes de tranche" vont disparaître des rayons, en revanche, la mention de l'origine de la viande reste obligatoire. Pas suffisant pour Christian Le Lann. "Ce nouvel étiquetage, c'est faire injure à nos traditions, à notre culture, estime-t-il. "Je mets au défi les consommateurs de s'y retrouver. Vous imaginez dire à vos invités : viens ce soir on mange un pot-au-feu deux étoiles ?"

EN SAVOIR + >> Retrouvez notre dossier complet sur le scandale de la viande de cheval

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