Noyades en série : l’apprentissage de la nage en France est-il en cause ?

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NATATION - Plusieurs jeunes enfants et un adolescent sont morts noyés le week-end dernier en Gironde et en Saône-et-Loire. Des faits divers qui ravivent les débats sur l'enseignement de la natation en France, notamment à l'école.

Plus d'un Français sur sept déclare ne pas savoir nager. C'est ce que révélait une étude de l'agence sanitaire Santé Publique France parue l'année dernière. Près de 500 personnes meurent noyées chaque été en France, dont une majorité car ils ne savent pas ou mal nager. 


La natation est pourtant une priorité nationale. Dans un arrêté daté de 2015, le ministère de l'Education nationale assure "qu'apprendre à nager à tous les élèves est une priorité nationale, inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétence". 


Ce même arrêté prévoit la délivrance pour tous les élèves d'une attestation de "Savoir-Nager" après la validation de plusieurs acquis : entrer dans l'eau en chute arrière ; se déplacer sur une distance de 3,5 mètres en direction d'un obstacle ; franchir en immersion complète l'obstacle sur une distance de 1,5 mètre ou encore se déplacer sur le ventre sur une distance de 15 mètres.

En entrant un sixième, il y a beaucoup de départements où un enfant sur deux ne sait pas nagerAxel Lamotte, le secrétaire général adjoint du SNPMNS

Si sur le papier cela parait simple, c'est parfois plus compliqué dans les faits. Selon Patrick Mathieu, professeur d'EPS au collège et responsable national des équipements et installation sportive au Syndicat national de l'éducation physique (SNEP-FSU), le premier problème est celui des inégalités territoriales. "En fonction du département où vous vous trouvez, soit il n'y a pas de piscine dans le secteur, soit elle est trop éloignée", dénonce-t-il. Les infrastructures sont aussi, pour certaines, vieillissantes, tout comme le matériel.


Le deuxième problème est de trouver des créneaux disponibles. "Il faudrait que la collectivité (conseil départemental pour collèges et le conseil régional pour les lycéens) donne des subventions pour la réservation de créneaux". Autre point : le problème des transports, coûteux si la piscine se trouve loin car il faut bien souvent louer un car.


Interrogé par LCI, le secrétaire général adjoint du Syndicat National Professionnel des Maîtres-Nageurs Sauveteurs (SNPMNS), Axel Lamotte dresse un constat inquiétant : "En entrant un sixième, il y a beaucoup de départements où un enfant sur deux ne sait pas nager". En guise d'explication, il pointe du doigt une "pénurie" de maître-nageurs : il en manquerait 5000 selon lui .

"On ne doit pas laisser les territoires se débrouiller tout seulsPatrick Mathieu, prof d’EPS et responsable national des équipements et de l’installation sportive au SNEP-FSU

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Baignades : 1 Français sur 7 ne sait pas nager

Face à toutes ces complications, certains établissements scolaires limitent les cours de natation. Si bien que le SNEP-FSU a mis en place des dispositifs de soutien pour les élèves de sixième et de seconde. 


Le syndicat réclame désormais la mise en place d'un "plan de construction et de rénovation des piscines avec un financement conjoint de l’Etat et des collectivités territoriales". Et de conclure, amer : "On ne doit pas laisser les territoires se débrouiller tout seuls".

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