Nucléaire : la centrale de Belleville-sur-Loire, visée par une plainte pour "46 infractions"

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SÛRETÉ NUCLÉAIRE - Depuis le 13 septembre dernier, la centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, est placée sous surveillance renforcée par l'Autorité de sûreté nucléaire après la découverte de nombreuses anomalies. Le Réseau Sortir du nucléaire a porté plainte, vendredi, contre EDF et contre le directeur de la centrale.

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, suscite l’inquiétude. S'appuyant sur le rapport d'une inspection menée en avril par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASM), le Réseau Sortir du nucléaire porté plainte, vendredi, contre le directeur de la centrale et contre EDF pour "46 infractions à la réglementation environnementale et nucléaire". Rassemblés devant le Palais de justice de Bourges, les militants anti-nucléaire ont dénoncé "de nombreux équipements importants pour la sûreté dans un état de délabrement de nature à remettre en question leur fonctionnement, leur usure étant aggravée par un manque d'entretien et des réparations de l'ordre du rafistolage."

Sous surveillance renforcée depuis le 13 septembre

Le 4 et 5 avril, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’était rendue sur les lieux pour une "inspection renforcée", après avoir déjà remarqué une dégradation de la maintenance et du matériel en 2016. Une fois sur place, les inspecteurs n’ont visiblement pas été déçus. D’après un rapport sévère qu’ont pu se procurer nos confrères du Parisien, le gendarme du nucléaire y aurait relevé "des travaux abandonnés et pourtant obligatoires, des canalisations rouillées qui fuient, des vannes laissant échapper de la vapeur avec un risque de contamination radioactive, des systèmes d’alimentation électrique de secours dont le fonctionnement peut faire défaut en cas d’accident…"


Certains plans de la centrale, dont les deux réacteurs ont été mis en service en 1987 et 1988, ont aussi été égarés, note le rapport. Son auteur, le chef de la division d'Orléans de l'ASN, Pierre Boquel, reproche d'autre part l’utilisation de la sous-traitance et de diesels de secours présentant "un état dégradé". En tout, huit événements significatifs de niveau 1 sur l'échelle INES, qui en comporte 7, ont été notés.

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Cette "dégradation du niveau de sûreté" a mené l’ASM à placer le site, dès le 13 septembre et pour une durée de deux ans, sous surveillance renforcée. Cela signifie que la centrale recevra des contrôles supplémentaires faisant l'objet d'une attention renforcée. Cette mesure exceptionnelle n’avait pas été prise depuis 2013 pour la centrale de Chinon, en Indre-et-Loire. Contacté par le Parisien, EDF, qui avait été soumis à un plan de rigueur depuis l'inspection de 2016, minimise. 

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L'exploitant évoque des "signaux faibles" et assure avoir doublé le nombre de ses équipes encadrantes sur le terrain depuis le début de l'année.

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