Nuit debout : la Mairie de Paris ne portera pas plainte pour les dégradations

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LOI TRAVAIL - Plusieurs dégradations de biens publics ont été perpétrées à Paris lors des différents rassemblements contre la loi Travail. Contrairement à ce qui avait été annoncé par Colombe Brossel, adjointe chargée de la Sécurité à la mairie de Paris, aucune plainte ne sera déposée.

Depuis onze jours, l'esplanade du cœur de Paris est l'épicentre d'un mouvement citoyen inédit, lancé au soir du 31 mars contre le projet de loi Travail. Malgré le démantèlement de son campement emblématique place de la République ce lundi matin, le mouvement "Nuit debout" entend poursuivre sa mobilisation et suscite l'embarras des autorités et de la classe politique, tant sur la symbolique de son combat que sur les dégradations de biens publics.

Le week end dernier, plusieurs manifestants ont en effet enlevé des dalles de la place de la République afin d'y installer un "jardin debout". Des milliers de personnes s’étaient alors réunies autour des espaces verts et des potagers aménagés pour l’occasion, au grand dam des autorités. Des stands, des baraques à frites ainsi que divers ateliers de discussion avaient également pris place au cœur de la capitale.

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Des manifestations organisées près du domicile de Manuel Valls

Les dégradations engendrées par ces aménagements de fortune avaient suscité la colère de Colombe Brossel, adjointe chargée de la Sécurité à la mairie de Paris. Dimanche, l'élue avait annoncé au Figaro qu’une plainte serait déposée en "début de semaine", estimant qu’il "peut y avoir une occupation de l'espace public mais pas une dégradation de l'espace public". Une annonce aussitôt démentie par le directeur de cabinet d'Anne Hidalgo. "Un constat d'huissier a été établi. C'est surtout le ministère de l'Intérieur qui est concerné par les dégradations. Mais les dégradations de la place, réduites, n'aboutiront pas à une plainte."

Huit personnes ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche à divers endroits de la capitale, pour "jets de projectiles, port d'arme prohibé, vol par effraction, dégradations et dégradations par incendie", selon la préfecture de police. Des dégradations ont été perpétrées dans "six agences bancaires" sur le boulevard Voltaire, ainsi que dans "une agence d’intérim". Plusieurs centaines de personnes ont manifesté près du domicile de Manuel Valls, alors en déplacement en Algérie. 

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