Nuit Debout : le mouvement s'étend en France, les Parisiens tentent de s'inviter chez Valls

SOCIÉTÉ

MOBILISATION – Le mouvement citoyen né il y a dix jours à Paris s’est étendu dans 60 villes de France. A Paris, plusieurs centaines de personnes ont convergé vers le domicile du Premier ministre pour "prendre l’apéro". Mais des heurts ont ensuite éclaté avec les forces de l’ordre.

Le mouvement citoyen des Nuits Debout s'étend. Dans 60 villes de France, plusieurs milliers de personnes ont entamé une nouvelle nuit de mobilisation pour demander le retrait du projet de loi El Khomri, un mouvement né il y a dix jours à Paris et dépassant la seule opposition à la réforme du droit du travail. 

"Quelque chose est en train de se lever", a lancé à Paris face à la foule l'économiste Frédéric Lordon, le philosophe devenu l'une des figures du mouvement Nuit Debout, au soir d'une nouvelle journée de mobilisation contre la loi travail, marquée par une moindre affluence et des violences.

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De "l'apéro chez Valls" aux violences

En fin de soirée, plusieurs centaines de personnes ont décidé d'aller "prendre l'apéro chez Valls", convergeant vers le domicile parisien du Premier ministre, actuellement en visite officielle en Algérie, avant d'être bloquées par les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes. "Paris, debout, soulève-toi", scandaient les manifestants.

Dans une ambiance au départ bon enfant, la situation s'est tendue, quelques dizaines de personnes jetant des projectiles sur le commissariat du XIe arrondissement. Une action visiblement désapprouvée par la plupart des manifestants. Plus tard, après la dispersion, une dizaine de vitrines de banques ou d'assureurs ont été brisées à coups de pied ou de barre de fer par des casseurs au visage masqué. 

"Ces gars-là n'ont rien à voir avec nous"

"Ces gars-là, ils n'ont rien à voir avec nous", a déploré l'un des membres de Nuit Debout de la Place de la République, interrogé par l'AFP. A la suite de ces événements, huit personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des "jets de projectiles, port d'arme prohibé, vol par effraction, dégradations et dégradations par incendie", a précisé la préfecture.

Nantes, Reims, Toulouse...

A Nantes, la cinquième Nuit Debout a rassemblé quelque 300 participants et leurs barnums, banderoles, prises de parole, et commissions "Education", "Démocratie", "Sémantique /dictionnaire debout". A Reims, c'était une première. "Occuper la place de nuit, c'est aller contre le couvre-feu intellectuel. C'est aussi le seul temps restant dans nos vie modernes pour parler des problèmes de notre société. Et rester debout, c'est ne pas demeurer assis, courbé, prostré", a fait observer à l'AFP Antoine Farcette, 23 ans, étudiant en droit.

A Tulle, en Corrèze - le fief du chef de l'Etat - une centaine de personnes se sont rassemblées à l'endroit même du premier discours de François Hollande en tant que président de la République . A Toulouse, les Nuits Debout se sont retrouvées sur la place du Capitole, tandis qu'à Marseille, le mot d'ordre était de ne pas rentrer chez soi et de "faire tourner le micro" au sein de ce mouvement qui s'assume sans leader.

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