Nuit d'Halloween dans les Catacombes : pour Airbnb, il y a comme un os...

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DEBAT - Pour Halloween, le site de location d’appartement entre particuliers Airbnb s’offre un coup de pub, en proposant un jeu concours pour gagner une nuit dans les Catacombes de Paris.

Qui a dit qu’Halloween était has been ? Pas Airbnb en tout cas. Pour fêter la fête des morts, le site de location d’appartements entre particuliers s’offre un beau coup de pub. Il lance un jeu concours permettant de gagner… une soirée et une nuit dans les Catacombes de Paris, 20 mètres sous terre, au milieu de crânes et d’ossements. Le tout agrémenté d’une "expérience culinaire hors du commun", et d’un concert privé dans cet endroit "à l’acoustique remarquable", ainsi qu’un réveil "en compagnie des morts". Bref, Airbnb vous garantit "un vrai cauchemar". Ce qui, pour Halloween, est tout de même la moindre des choses.

"Un bed and breakfast macabre"

Reste que cette privatisation -  le site est loué à la Ville de Paris - fait tiquer. "Mais comment la mairie de Paris peut-elle dévoyer à ce point le domaine public ?", interroge la CGT Culture qui accuse la municipalité de transformer l’ossuaire en "vulgaire chambre d’hôtel" et "dénonce cette privatisation rampante du patrimoine municipal". Le syndicat s’interroge aussi sur les relations de la Ville avec Airbnb : pendant longtemps, le site, accusé de vider la capitale de ses habitants au profit des touristes, et de retirer du marché locatif de nombreux appartements, n’était pas en odeur de sainteté dans la Ville lumière. Mais les relations semblent s’être apaisées.  "Cela tient peut-être au fait qu’Airbnb a choisi la Paris pour y tenir, en novembre prochain, son événement annuel, un raout qui devrait attirer plus de 6 000 participants", note, acide, le syndicat. En tout cas, la promo est belle pour la capitale française.

Le parti Les Républicains s’engouffre lui aussi dans la brèche. Dans un communiqué intitulé "de l'attrait des Catacombes à la profanation" , ils déplorent le fait que le sujet n’ait pas été porté devant le Conseil de Paris. "Nous sommes conscients que les catacombes attirent, qu’elles se visitent", écrivent-ils. Mais "une telle décision aurait dû être prise par les élus en Conseil de Paris afin que tout ne soit pas monétisé et commercialisé comme un produit de consommation, que cela ne soit pas le 'client' qui décide de tout cela sans que des règles aient été fixées." Le thème est repris par le site catholique Aleteia ou le blog influent dans les milieux d'extrême droite le Salon Beige , qui y voient un "sinistre événement", un "bed and breakfast macabre". "Peut-on, pour financer un aménagement culturel, laisser faire n’importe quoi ?", questionne, de son côté, le site spécialisé La Tribune de l'Art, qui rappelle les épisodes de vandalisme passés, le plus grave datant de 2009.

Pas de lit à proximité des ossements

Sur tous les points, la municipalité assume, et se veut rassurante. "Pour nous, c’est une privatisation parmi d’autres. La Ville est propriétaire de beaucoup d’établissements publics, ce type de fait est courant", indique-t-elle à metronews. Elle reconnaît que "c’est un peu plus rare pour les Catacombes, mais ça arrive. Il y a eu des autorisations de tournage, un petit défilé de mode." La privatisation des lieux culturels publics est en fait tout à fait encouragée : "Notre démarche aujourd’hui est de dire que ces établissements publics sont financés par des fonds publics, mais ils doivent aussi développer leurs fonds propres", explique la Ville. "Cela passe par du mécénat, mais aussi des solutions de privatisation, à condition que cela ne desserve pas l’accès du public, et que cela se fasse dans le respect du lieu."

Dans le cas Airbnb, la faisabilité technique du projet a été "soigneusement étudiée", et un "cahier des charges très précis" a été instauré. Ainsi, aucune source de chaleur ne devra être utilisée (éclairage à Led, repas froid), pas de lit à proximité des ossements, des personnels des Catacombes assureront une surveillance, dans le respect du lieu. Surtout, cette privatisation va apporter un beau petit chèque à la Ville, aux alentours de 350 000 euros. "Cela va générer des retombées financières importantes, qui permettront la restauration et le réaménagement des lieux."

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