Numericable-SFR - Bouygues Telecom: une journée à 10 milliards d'euros

Numericable-SFR - Bouygues Telecom: une journée à 10 milliards d'euros

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BUSINESS - L'annonce du JDD d'une tentative de rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR n'a pas manqué de faire parler. Déclarations, inquiétudes et état des négociations, on fait le point.

Après plusieurs tentatives, Patrick Drahi, l'insatiable homme d'affaires déjà à la tête de Numericable-SFR, a décidé, selon le Journal du dimanche, de mettre 10 milliards d'euros sur la table pour racheter Bouygues Telecom.

Une offre colossale, qui, si elle aboutit, chamboulerait profondément le paysage des télécoms et surtout de la téléphonie mobile. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir, à commencer par le gouvernement et les syndicats.

Le gouvernement fermement opposé

En réactions aux informations dévoilées dans le JDD, Emmanuel Macron s'est montré très hostile concernant l'offre de l'homme d'affaire franco-israélien, pointant du doigts ses conséquences sur l'emploi, ainsi que pour le consommateur.

"La consolidation n'est pas aujourd'hui souhaitable pour le secteur. L'emploi, l'investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités. Or les conséquences d'une consolidation sont à ces égards négatives, comme l'ont prouvé les cas récents en Europe", a déclaré le ministre de l'Economie. "Le temps n'est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l'intérêt général", a-t-il ajouté.

Même son de cloche du côté de Christian Eckert. Dans l'émission Tous Politiques (France Inter), le secrétaire d'Etat au Budget a tenu à rappeler que "SFR et Numericable avaient pris des engagements en matière d'investissements, l'ensemble du territoire n'est pas couvert à ce jour".

L'inquiétude des syndicats

La crainte du gouvernement en matière d'emploi a été partagée par Laurent Berger, le secrétaire général de CFDT. Invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, celui-ci a déclaré qu'il n'arrivait "pas à comprendre ce qui se passe. C'est à mon avis une vraie opération financière sans stratégie industrielle". Inquiet, le numéro 1 du syndicat a également indiqué qu'il craignait "une catastrophe sociale".

Fabrice Pradas, délégué central de l'Unsa, premier syndicat chez SFR, a accueilli avec le même scepticisme la nouvelle. Selon lui, si le scénario venait à se confirmer, "ce serait une catastrophe pour l'emploi au regard des doublons en interne et dans la filiale télécom".

L'état des négociations

Selon l'AFP, qui cite deux sources proches du dossier, l'offre de rachat sera examinée "en début de semaine" ou "mardi" par le conseil d'administration de Bouygues Telecom. Le schéma en discussion prévoirait, selon les informations du JDD, d'associer l'opérateur Free (groupe Iliad), qui récupèrerait une partie des fréquences, antennes et boutiques de Bouygues Telecom.

"Il s'agit de l'offre la plus aboutie et la plus sérieuse" de ces dernières années en matière de recomposition du paysage français des télécoms, a également expliqué à l'AFP une source proche du dossier, qui souligne toutefois que le conseil d'administration de Bouygues Telecom peut aussi la rejeter.

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