Numéro unique d'urgence : "Regrouper les '3 S', santé, secours, social"

INTERVIEW - Le docteur Pierre Mardegan, responsable des urgences à l'hôpital de Montauban, pilote l'expérimentation, en principe à partir d'octobre 2018, d'une plateforme regroupant sous un numéro d'urgence unique le Samu, les pompiers, le Samu social et l'enfance en danger. Un travail qui trouve une résonance supplémentaire après l'affaire Naomi à Strasbourg. Interview.

Faut-il mettre les moyens en commun pour améliorer la prise en charge des urgences ? A l'heure où le drame de la jeune Noami Musenga alimente le débat sur l'organisation des secours en France, le Tarn-et-Garonne s'apprête à expérimenter, à partir d'octobre, la mise en place d'une plateforme commune à Montauban regroupant les services avec un numéro unique d'appel.  Un service unique qui permettrait, entre autre, d'optimiser le temps de prise en charge d'un patient. 


Pierre Mardegan, médecin responsable des urgences à l'hôpital de Montauban et en première ligne sur ce projet qui pourrait déboucher sr une première en France, nous explique l'enjeu de ce travail en commun, mené avec l'ARS, le conseil départemental et les services concernés. 

LCI : Vous allez expérimenter un numéro unique d'urgence à partir d'octobre. S'agit-il de créer un "911" à la française ?

Pierre Mardegan : Je n'utilise pas ce terme de "911". Il s'agit pour nous de créer une plateforme commune avec un numéro unique regroupant les "3 S", à savoir la santé, les secours et le social, et peut-être avec un preneur d'appels unique. Le ministère de tutelle décidera du numéro en question. L'expérimentation va donc concerner les actuels 15 (Samu), 18 (pompiers), 115 (Samu social), les urgences médecins ainsi que le 119, qui concerne l'enfance en danger. Pour des raisons de place, la plateforme sera regroupée au Centre de traitement de l'alerte (CTA) de Montauban, où les travaux d'aménagements commencent la semaine prochaine. Nous cherchons à créer une activité de services où chacun pourra se recentrer sur son métier.

LCI : L'initiative trouve-t-elle une résonance particulière après l'affaire Naomi à Strasbourg ?

Pierre Mardegan : Je reste très prudent sur ce sujet. Il n'est pas possible de tirer des conclusions d'un enregistrement [de l'opératrice du Samu, NDLR] sorti du contexte, et chaque Samu a sa propre organisation. Il faudra attendre les résultats de l'enquête interne. Cela dit, nous portons depuis plusieurs années la question de l'amélioration de la prise en charge. Ce travail sur la plateforme unique a commencé en février avec le préfet et s'est traduit par la création d'un groupe de travail multidisciplinaire. Les modifications techniques qu'implique cette réorganisation feront l'objet d'une présentation le 18 juin, en vue du lancement en octobre.

Si ça ne marche pas, on arrêteraPierre Mardegan

LCI : Ce projet rencontre-t-il des blocages ?

Pierre Mardegan : Il y a eu de nombreuses critiques et interrogations, certains questionnant l'utilité des regrouper des services qui ont l'habitude de fonctionner séparément. Les premières craintes exprimées par les agents concernés du Sdis comme du Samu concernaient l'impact de ce regroupement sur les emplois, mais nous les avons rapidement rassurés sur ce point. S'agissant d'une expérimentation, nous allons mettre en place des indicateurs d'évaluation, sous le contrôle de l'ARS Occitanie. Si ça ne marche pas, on arrêtera.

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