Obligation vaccinale : le casse-tête du secteur de l'aide à domicile

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ESTIMATIONS - Au même titre que les personnels des hôpitaux et maisons de retraite, les services d'aides à domicile seront soumis à l'obligation vaccinale à compter de mercredi. Déjà fragilisé, le secteur ne cache pas son appréhension à l'approche de cette échéance.

J-2. L'obligation vaccinale contre le Covid-19 entre en vigueur ce mercredi pour 2,7 millions de personnes. Au même titre que les personnels des hôpitaux et maisons de retraite, les soignants libéraux, les pompiers ou encore les ambulanciers, les personnels de l’aide, de l’accompagnement et des soins à domicile, devront dès lors pouvoir justifier auprès de leur employeur d'un schéma vaccinal au moins partiel. Faute de quoi, ils verront leur contrat de travail suspendu et ne pourront plus exercer.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Pour les représentants du secteur, déjà fragilisé face à des difficultés de recrutement persistantes et accentuées par la crise sanitaire, cette échéance est synonyme de "préoccupation".

D'"importantes difficultés pour remplacer les personnels"

Faute d'études et de données officielles sur la couverture vaccinale chez les professionnels concernés, chacun s'en remet à ses estimations, à manier avec prudence, mais qui font foi faute de mieux. Via "les remontées des adhérents",  l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (UNA) évalue pour sa part à ce jour la proportion des non-vaccinés parmi les professionnels du secteur à 5%. "Nos directeurs sont moins inquiets qu'ils ne l'étaient au début de l'été, des inquiétudes se sont résorbées au fil du temps", concède Nzhate Maazouz, responsable du pôle Politiques publiques, qui précise qu'il y a quelques semaines, il était plutôt question de 15 à 20% de personnels non vaccinés. Si cette estimation semble rassurante à première vue, elle n'en demeure pas moins source d'inquiétude pour ses représentants. "On n'est pas les derniers de la classe c'est sûr, ça peut paraitre très faible 5% mais cela suffit à avoir un impact qu'il va falloir compenser", détaille la représentante de l'UNA. Or, "c'est un secteur un peu sinistré en terme d'attractivité des métiers (...) pas valorisé et mal rémunéré", poursuit celle qui anticipe d'"importantes difficultés pour remplacer les personnels" qui viendraient à confirmer leur volonté de non-vaccination. 

"Nos professionnels ne sont plus sur les marchés et il n'y a plus de solution côté intérim (...) des solutions il n’y en a pas des masses", résume-t-elle, rappelant que la mission du secteur est de "garantir aux personnes qu'il accompagne une continuité de service". Pour éviter que de futures suspensions du contrat de travail n'en arrivent, in fine, à "mettre en difficultés les personnes assistées", l'heure est à la pédagogie. Jusqu'au dernier jour.

"La suspension du salaire est un vrai couperet"

Cela passe par des "échanges et un dialogue réguliers au sein des équipes" qui sont l'occasion de rappeler "l'intérêt de la vaccination en termes de protection de chacun", poursuit la représentante de l'UNA, rappelant qu'il en fut de même "en matière de pédagogie autour des gestes barrières." Dans un secteur où il faut reconnaitre aux professionnels "une grande éthique et un dévouement constant", Nzhate Maazouz souligne que "l'aspect sanction est rarement la première étape" abordée. Elle peut toutefois s'avérer décisive. "Les choses vont continuer à évoluer un peu à la marge ces prochains jours", prédit-elle soulignant que certains "vont essayer de trainer jusqu'au bout" mais "qu'on ne vit pas d'amour et d'eau fraiche" et que "la suspension du salaire est un vrai couperet".

D'autres en revanche, "vraiment anti-vaccins" ou "sur des positions de principe", "iront au bout de leurs positions". Parmi ces "derniers récalcitrants", quelques-uns "invoquent des choses un peu fallacieuses", illustre-t-elle encore, évoquant notamment le "droit au retrait au motif que les salariés vaccinés gardent leur pouvoir de contamination". Il y a aussi, poursuit-elle, les "arrêts de maladie qu'on suppute être des arrêts de complaisance", même si répète-t-elle, "il faut se garder de généralités car on arrive à la fin d'une longue période d'épuisement des équipes" face à la pandémie. 

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Pour finir, la responsable du pôle Politiques publiques insiste sur la nécessité, pour les personnels concernés, de distinguer la "temporalité du pass sanitaire et le caractère intemporel de l'obligation vaccinale", certains professionnels semblant avoir compris qu'"ils pourraient revenir un peu plus tard au travail" sans avoir été vaccinés. "Cela a été remonté au ministère et une communication spécifique en ce sens est prévue", prévient-elle, alors que "des salariés commencent à se faire accompagner par des cabinets d'avocats".

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