Vous pourrez bientôt connaitre la durée de vie de votre télé ou votre machine à café, voici comment

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ECONOMIE CIRCULAIRE - Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 23 avril la mise en place en 2020 d'un nouvel affichage destiné à indiquer à quel point les produits électroniques et électriques sont réparables. Une mesure qui devrait permettre d'encourager les industriels à concevoir des appareils plus durables et réduire nos déchets. LCI a voulu savoir quel serait le fonctionnement de ce nouveau dispositif.

Lors de sa visite de l’usine SEB de Mayenne (en Mayenne) lundi 23 avril, Edouard Philippe a présenté sa feuille de route pour une économie plus circulaire. Parmi les cinquante mesures annoncées transparaît l'ambition du gouvernement de réduire les déchets, de mieux les recycler mais aussi de mieux informer le consommateur. C'est donc dans cette optique qu'à partir du 1er janvier 2020 doit être instauré un système d’information simple indiquant le degré de réparabilité des équipements électriques et électroniques. Une indication qui devrait, dans le même temps, donner un indice global sur la durabilité du produit. 

Pour mettre en oeuvre ce système, le gouvernement a déjà fait savoir qu'il comptait sur l’Agence de l’Environnement de la Maîtrise de l’Energie (Ademe). LCI a donc joint Jean-Charles Caudron à la Direction économie circulaire et déchets de l’Ademe pour en savoir plus sur le futur fonctionnement du dispositif.

Une note de réparabilité pour chaque produit

"L’idée, c'est qu'on élabore avec l’ensemble des parties prenantes, parmi lesquels des industriels, mais aussi des spécialistes de la réparation et des associations de consommateurs, une dizaine de critères par famille de produits [ndlr : réfrigérateurs, machines à café, perceuses...]" pour déterminer à quel point le produit est réparable, et donc durable, explique Jean-Charles Caudron. Ces paramètres pourraient notamment prendre en compte la facilité et la rapidité du démontage du produit, la mise à disposition de pièces détachées ou encore des plans de l'appareil."


Une fois les critères établis par le groupe de travail, ceux-ci seront transmis aux industriels. Ils seront chargés d'indiquer, pour chacun de leur produits si, oui ou non, les paramètres de réparabilité définis au préalable sont respectés. Une fois remplie, la grille obtenue permettra de déterminer "une forme de note" qui devrait être apposée, à la manière de l'étiquette énergétique, sur l'appareil concerné (voir visuel ci-dessous).

"Le consommateur pourra alors se dire : 'Effectivement, ce produit peut me sembler un petit peu plus cher, mais le constructeur s’engage à me fournir la pièce détachée, les plans pendant un certain temps et le produit est démontable'. Parce qu’aujourd’hui, quand le consommateur est devant le rayon des réfrigérateurs dans un magasin, il peut avoir du mal à comprendre l’écart de prix qui existe entre les différents produits", regrette Jean-Charles Caudron.

Un indice qui ne doit pas être confondu avec une garantie

"Potentiellement, l’industriel peut tricher, reconnait Jean-Charles Caudron. Mais derrière, vous avez, comme sur l’ensemble des autres critères d’affichage, soit l’Etat qui fait des contrôles au travers de la DGCCRF [Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ndlr], soient les associations de consommateurs qui font des tests sur les produits et qui vont vérifier", souligne-t-il. En 2016, la DGCCRF a contrôlé 586 établissements concernant l'étiquetage énergétique. 48% d'entre eux présentaient des anomalies. 42 procès-verbaux ont été dressés.


Attention cependant : "L'indice de réparabilité n’est pas une garantie", avertit Jean-Charles Caudron. Si, selon les critères indiqués, le produit est censé duré cinq ans mais lâche au bout de deux ans et demi, aucun recours contre le constructeur ne sera possible. "Ce n’est pas un indice de durée de vie. [...] C’est une information sur la capacité de l’appareil à être réparé et donc à pouvoir durer plus longtemps".

Même si la tâche confiée à l'Ademe s'annonce complexe, Jean-Charles Caudron se réjouit de cette "belle avancée". "Dire qu'il y a une vraie information qui est partagée par l’ensemble des metteurs en marché, qui permet d’avoir une comparaison similaire pour l’ensemble des acteurs, c’est un très beau progrès. Et ça va vraiment permettre de sensibiliser le consommateur et de faire sortir du marché des produits qui n’auraient jamais dû exister", estime-t-il.

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