Octuple infanticide : Dominique Cottrez renvoyée aux assises

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JUSTICE - La cour d'appel de Paris a renvoyé ce lundi Dominique Cottrez devant les assises pour huit infanticides, découverts en juillet 2010 à Villers-au-Tertre (Nord). Mais ses avocats ont annoncé un pourvoi en cassation contre cette décision. Au cœur des débats, la prescription.

C'est la plus importante affaire d'infanticide connue en France. Ce lundi, la justice a décidé de mettre Dominique Cottrez face à ses responsabilités : cette ancienne aide-soignante, soupçonnée d'avoir tué huit de ses nouveau-nés à Villers-au-Tertre, a été renvoyée devant les assises. Mais ses avocats n'ont pas dit leur dernier mot. Qualifiant cette décision de "scandaleuse" et n'ayant "rien de juridique", ils ont aussitôt annoncé un nouveau pourvoi en cassation. Enième épisode d'un long bras de fer judiciaire.

La prescription en question

Car dans ce dossier stupéfiant et complexe, la prescription - de dix ans en matière criminelle - est au cœur des débats. La défense de Dominique Cottrez brandit des expertises qui datent la naissance de sept des enfants avant mai 2000, soit plus de dix ans après la découverte des ossements. Les deux premiers corps de nouveau-nés avaient en effet été trouvés le 24 juillet 2010 dans des sacs en plastique enfouis à l'ancien domicile des parents de Dominique Cottrez, où elle avait vécu avant son mariage. Les six autres corps avaient été découverts dans le garage de la maison qu'elle habitait avec son mari. Un "doute" subsiste quant à la naissance du huitième bébé, né selon les experts entre mai et septembre 2000.

Ce lundi, la cour d'appel de Paris a estimé que le point de départ de la prescription commençait à compter du jour de la découverte des corps, et non de la date des faits, ceux-ci n'ayant selon elle pas pu être clairement déterminés. En octobre, la Cour de cassation avait de son côté annulé son renvoi aux assises avant que l'affaire soit de nouveau examinée par la chambre d'instruction de Paris.

En attendant la suite, Dominique Cottrez, qui durant ses auditions avait expliqué avoir été victime d'inceste et avoir agi par crainte que les bébés ne soient de son propre père, reste libre sous contrôle judiciaire.

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